Trois semaines pour convaincre les électeurs

Sénégal Copyright de l’image Getty Images
Image caption Pendant 3 semaines, le Sénégal sera marqué par des meetings

La campagne pour le premier tour de l'élection présidentielle au Sénégal débute ce dimanche.

Dakar, la capitale économique sénégalaise et les autres villes du pays seront au rythme des meetings et autres activités politiques visant à convaincre les électeurs.

Cinq candidats sont en lice dont le président sortant Macky Sall; face à lui Idrissa Seck, Issa Sall, Madicke Niang et Ousmane Sonko.

Ils auront jusqu'au 22 février pour convaincre les électeurs de porter leur choix sur eux le 24 février, jour du vote.

Cette campagne s'ouvre dans un contexte politique tendu marqué par des contestations de l'opposition dont un nombre important de candidats ont été "éliminé" par le Conseil Constitutionnel.

A lire aussi

Cinq candidats retenus pour la présidentielle au Sénégal

Les candidatures de Karim Wade et Khalifa Sall rejetées

Tension entre pouvoir et opposition au Sénégal

Cinq candidats retenus pour la présidentielle au Sénégal :

  • BIO
    • El Hadji Issa Sall, 63 ans, est un ingénieur en informatique formé au Sénégal et aux Etats-Unis.
    • Il est l'un des premiers Sénégalais à obtenir un doctorat en informatique (Université George Washington, 1995).
    • M. Sall dirige actuellement l'Université du Sahel, un établissement privé d'enseignement supérieur créé en 1998 à Dakar.
    • Il a travaillé pour de nombreuses sociétés nationales sénégalaises (électricité, télécoms) et américaines, dont la Digital Equipment Corporation (Massachusetts).
    • El Hadji Issa Sall est auteur de plusieurs publications sur les systèmes informatiques et le rôle des technologies de l'information et de la communication dans le renforcement de la démocratie.
    • Sur le plan politique, il a été premier vice-président du Conseil régional de Fatick (1996-2001) et coordonnateur national du Parti de l'unité et du rassemblement, créé en 1998.
    • M. Sall est élu député depuis 2017.
    • Il pratique le karaté et le taekwondo.
    • Il est investi candidat par le PUR.
  • BIO
    • Idrissa Seck, 59 ans, a été Premier ministre et maire de Thiès (ouest).
    • Il dirige actuellement le conseil général de Thiès.
    • Après les violences postélectorales de 1988, M. Seck interrompt sa carrière politique pour se consacrer à ses études à l'Université de Princeton (États-Unis).
    • Considéré comme le dauphin du président Wade, il est mis en cause pour la gestion des "chantiers de Thiès", un ensemble d'infrastructures que l'Etat a construites dans sa ville vers 2004-2006.
    • Idrissa Seck est arrêté le 23 juillet 2005 et passe six mois et demi en prison pour "détournement de fonds publics" et "corruption" présumés.
    • Libéré, il crée "Rewmi" (le pays ou l'Etat en wolof), un parti politique, et affronte Abdoulaye Wade à l'élection présidentielle de 2007.
    • Il arrive deuxième avec 14,86% des voix, derrière Wade (55,90%).
    • n 2012, M. Seck s'appuie sur les dispositions de la Constitution pour dénoncer et juger irrecevable la candidature de Wade aux élections.
    • Il est éliminé au premier tour, n'obtenant que 7 %.
    • Il dirige "Rewmi".
  • BIO
    • Macky Sall, 57 ans, est un ingénieur en géologie formé au Sénégal et en France.
    • Il a dirigé le ministère des Mines et de l'Énergie (de mai 2001 à novembre 2002), avant d'être élu député et vice-président de l'Assemblée nationale (de juin 2001 à novembre 2002).
    • M. Sall a été ministre de l'Intérieur (2003-2004).
    • Membre du Parti démocratique sénégalais (PDS), le parti d'Abdoulaye Wade, il est nommé Premier ministre pendant trois ans (avril-juin 2007), avant de revenir à l'Assemblée nationale en tant que président de l'institution parlementaire.
    • Renvoyé de l'Assemblée nationale en novembre 2008, par la majorité PDS dont il faisait partie, il rejoint l'opposition et est élu président de la République en 2012, battant Wade au 2e tour.
    • Il est investi par la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY), dirigée par son parti, l'Alliance pour la République (APR).
  • BIO
    • Madické Niang, 65 ans, est né à Saint-Louis (nord).
    • Il est avocat et homme politique. Ministre de la Justice dans plusieurs gouvernements, il a également dirigé le ministère des Affaires étrangères (octobre 2009-avril 2012).
    • M. Niang a fait des études de droit à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal) et à Abidjan (Côte d'Ivoire).
    • Proche d'Abdoulaye Wade, il a assuré sa défense dans une affaire d'assassinat, lorsque Babacar Sèye, le chef de la Cour suprême du Sénégal, a été tué en 1993.
    • M. Niang a été élu député en juillet 2017 pour un mandat de cinq ans.
    • Il dirige la coalition "Madické2019".
  • BIO
    • Ousmane Sonko, 44 ans, est fonctionnaire.
    • Né en Casamance (sud), il a fait ses études supérieures à l'Université Gaston-Berger de Saint-Louis (nord), où il a obtenu une maîtrise en droit public (1999).
    • M. Sonko est ensuite entré à l'Ecole nationale d'administration, dont il sort avec un diplôme d'inspecteur des impôts et domaines.
    • Il crée quelques années plus tard le Syndicat des agents des impôts et domaines, qu'il dirige de 2005 à 2012.
    • Il entame ensuite une vive protestation contre le gouvernement de Macky Sall, lui reprochant moult malversations financières et fiscales.
    • Macky Sall le renvoie en août 2016 de la fonction publique à cause des révélations qu'il fait sur plusieurs dossiers économiques et financiers de l'Etat.
    • Président des Patriotes du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (Pastef), créé en 2014, il est élu député en juillet 2017.
    • L'ascension exponentielle du leader des Pastef s'internationalise avec les visites qu'il rend aux Sénégalais vivant à l'étranger.
    • Il est investi par son parti.

Sur cette liste de candidats désormais out figurent Khalifa Sall et Karim Wade qui disposent encore d'une base politique importante.

Khalifa Sall, présenté comme l'épouvantail de l'opposition pour mettre un terme au régime de Macky Sall, avait le vent en poupe avant d'être emprisonné.

Depuis sa cellule dans la prison de Rebeuss, il pourrait être le faiseur de roi, celui dont le report de vote pourrait faire basculer les tendances.

Il faudra aussi compter avec le leader débouté du PDS (Parti démocratique sénégalais), Karim Wade, dont le père, l'ex-président Abdoulaye Wade sera de retour au pays, jeudi 7 février a indiqué le parti vendredi soir dans communiqué.

Le mystère reste entier en ce qui concerne les intentions de vote et d'alliance du PDS. Madicke Niang, l'un des fidèles disciples d'Abdoulaye Wade est en lice mais rien ne dit pour le moment que le clan Wade le soutiendra.

A lire aussi

Khalifa Sall perd son mandat de député

Sénégal : des leaders de l'opposition arrêtés

Sénégal : sit-in de l'opposition réprimé

Une nouvelle configuration politique

Le jeu des alliances se poursuit en coulisse, le pouvoir et l'opposition tentant de rallier à leurs causes les grosses pointures politiques nationales et locales.

Mais dans l'ensemble, la configuration politique de cette élection est différente. Aucun des grands partis traditionnels ne participera à la présidentielle du 24 février.

C'est une première dans le pays depuis son indépendance de la France en 1960. Pour certains analystes politiques, cette situation est symptomatique du mécontentement des électeurs.

Ces derniers ont décidé de sanctionner les partis politiques traditionnels, gérés comme des propriétés familiales.

Sur le même sujet