Sénégal - élection : Ousmane Sonko, le "patriote"

Ousmane Sonko est le plus jeune des cinq candidats à l'élection présidentielle du 24 février 2019. Copyright de l’image AFP/Getty Images
Image caption Ousmane Sonko est le plus jeune des cinq candidats à l'élection présidentielle du 24 février 2019.

A peine cinq ans après la création de son parti politique, Ousmane Sonko a réussi la prouesse de passer au statut de candidat sérieux à la présidence; c'est du moins la perception que certains ont de lui.

Son irruption dans le champ politique se fait par la dénonciation virulente de ce qu'il considère comme des magouilles dans l'attribution des permis d'exploration pétrolière et gazière .

Moins âgé que les quatre autres candidats, Ousmane Sonko, candidat du parti "Les patriotes du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité" pourrait être considéré comme le candidat de la jeunesse de ce scrutin.

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Né à Thiès le 15 juillet 1974, Ousmane Sonko s'oriente vers des études de droit à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis (nord), après l'obtention du baccalauréat.

Maîtrise en main, il intègre l'Ecole nationale d'administration, d'où il sort en 2001 pour travailler dans l'administration fiscale.

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Image caption Certains observateurs croient à un renouveau de la classe politique avec certains jeunes, dont Ousmane Sonko.

Sonko, un lanceur d'alerte

L'activisme de cet ex-inspecteur des impôts commence dans le syndicalisme, lorsque, avec certains de ses collègues, il fonde le Syndicat autonome des impôts et domaines pour revendiquer l'amélioration de leurs conditions de travail.

Son irruption dans le champ politique se fait par la dénonciation virulente de ce qu'il considère comme des magouilles dans l'attribution des permis d'exploration pétrolière et gazière, mais aussi d'exonérations d'impôts dont auraient illégalement bénéficié les députés.

Ses sorties récurrentes sur le sujet le font passer pour le défenseur intrépide de la transparence dans la gestion des ressources naturelles, mais aussi de la justice fiscale.

Les cinq candidats retenus pour la présidentielle au Sénégal :

  • BIO
    • El Hadji Issa Sall, 63 ans, est un ingénieur en informatique formé au Sénégal et aux Etats-Unis.
    • Il est l'un des premiers Sénégalais à obtenir un doctorat en informatique (Université George Washington, 1995).
    • M. Sall dirige actuellement l'Université du Sahel, un établissement privé d'enseignement supérieur créé en 1998 à Dakar.
    • Il a travaillé pour de nombreuses sociétés nationales sénégalaises (électricité, télécoms) et américaines, dont la Digital Equipment Corporation (Massachusetts).
    • El Hadji Issa Sall est auteur de plusieurs publications sur les systèmes informatiques et le rôle des technologies de l'information et de la communication dans le renforcement de la démocratie.
    • Sur le plan politique, il a été premier vice-président du Conseil régional de Fatick (1996-2001) et coordonnateur national du Parti de l'unité et du rassemblement, créé en 1998.
    • M. Sall est élu député depuis 2017.
    • Il pratique le karaté et le taekwondo.
    • Il est investi candidat par le PUR.
  • BIO
    • Idrissa Seck, 59 ans, a été Premier ministre et maire de Thiès (ouest).
    • Il dirige actuellement le conseil général de Thiès.
    • Après les violences postélectorales de 1988, M. Seck interrompt sa carrière politique pour se consacrer à ses études à l'Université de Princeton (États-Unis).
    • Considéré comme le dauphin du président Wade, il est mis en cause pour la gestion des "chantiers de Thiès", un ensemble d'infrastructures que l'Etat a construites dans sa ville vers 2004-2006.
    • Idrissa Seck est arrêté le 23 juillet 2005 et passe six mois et demi en prison pour "détournement de fonds publics" et "corruption" présumés.
    • Libéré, il crée "Rewmi" (le pays ou l'Etat en wolof), un parti politique, et affronte Abdoulaye Wade à l'élection présidentielle de 2007.
    • Il arrive deuxième avec 14,86% des voix, derrière Wade (55,90%).
    • n 2012, M. Seck s'appuie sur les dispositions de la Constitution pour dénoncer et juger irrecevable la candidature de Wade aux élections.
    • Il est éliminé au premier tour, n'obtenant que 7 %.
    • Il dirige "Rewmi".
  • BIO
    • Macky Sall, 57 ans, est un ingénieur en géologie formé au Sénégal et en France.
    • Il a dirigé le ministère des Mines et de l'Énergie (de mai 2001 à novembre 2002), avant d'être élu député et vice-président de l'Assemblée nationale (de juin 2001 à novembre 2002).
    • M. Sall a été ministre de l'Intérieur (2003-2004).
    • Membre du Parti démocratique sénégalais (PDS), le parti d'Abdoulaye Wade, il est nommé Premier ministre pendant trois ans (avril-juin 2007), avant de revenir à l'Assemblée nationale en tant que président de l'institution parlementaire.
    • Renvoyé de l'Assemblée nationale en novembre 2008, par la majorité PDS dont il faisait partie, il rejoint l'opposition et est élu président de la République en 2012, battant Wade au 2e tour.
    • Il est investi par la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY), dirigée par son parti, l'Alliance pour la République (APR).
  • BIO
    • Madické Niang, 65 ans, est né à Saint-Louis (nord).
    • Il est avocat et homme politique. Ministre de la Justice dans plusieurs gouvernements, il a également dirigé le ministère des Affaires étrangères (octobre 2009-avril 2012).
    • M. Niang a fait des études de droit à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal) et à Abidjan (Côte d'Ivoire).
    • Proche d'Abdoulaye Wade, il a assuré sa défense dans une affaire d'assassinat, lorsque Babacar Sèye, le chef de la Cour suprême du Sénégal, a été tué en 1993.
    • M. Niang a été élu député en juillet 2017 pour un mandat de cinq ans.
    • Il dirige la coalition "Madické2019".
  • BIO
    • Ousmane Sonko, 44 ans, est fonctionnaire.
    • Né en Casamance (sud), il a fait ses études supérieures à l'Université Gaston-Berger de Saint-Louis (nord), où il a obtenu une maîtrise en droit public (1999).
    • M. Sonko est ensuite entré à l'Ecole nationale d'administration, dont il sort avec un diplôme d'inspecteur des impôts et domaines.
    • Il crée quelques années plus tard le Syndicat des agents des impôts et domaines, qu'il dirige de 2005 à 2012.
    • Il entame ensuite une vive protestation contre le gouvernement de Macky Sall, lui reprochant moult malversations financières et fiscales.
    • Macky Sall le renvoie en août 2016 de la fonction publique à cause des révélations qu'il fait sur plusieurs dossiers économiques et financiers de l'Etat.
    • Président des Patriotes du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (Pastef), créé en 2014, il est élu député en juillet 2017.
    • L'ascension exponentielle du leader des Pastef s'internationalise avec les visites qu'il rend aux Sénégalais vivant à l'étranger.
    • Il est investi par son parti.
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Image caption Ousmane Sonko est soutenu par certaines figures de gauche dont Madièye Mbodj.

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Macky Sall révoque un fonctionnaire

Alors qu'une partie de l'opinion voit en Ousmane Sonko un homme engagé et même un lanceur d'alerte, le pouvoir le considère comme un fonctionnaire qui viole constamment son devoir de réserve.

Cela a poussé le président de la République à signer un décret pour le radier de la fonction publique.

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Image caption Cinq ans après la création de son parti, Ousmane Sonko espère transformer son capital sympathie en votes pour se hisser au sommet de l'Etat.

En août 2017, Ousmane Sonko dirige une coalition aux élections législatives et en est élu seul député. Il se fait très vite remarquer à l'Assemblée nationale comme un député qui défend les intérêts du peuple.

Aujourd'hui, cinq ans après avoir créé son parti, il espère transformer son capital sympathie en votes qui pourraient le propulser au sommet de l'Etat.

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