Élection présidentielle sous haute tension aux Comores

Le président sortant Azali Assoumani en train de voter Copyright de l’image Getty Images
Image caption Le président sortant Azali Assoumani en train de voter

Les 12 candidats de l'opposition réclament l'annulation des élections, à la suite des violences survenues dès les premières heures du scrutin présidentiel, rapporte notre correspondant dans la région, Yacine Mohabuth.

Des personnes ont été blessées par balle ou à l'arme blanche, déclare le porte-parole des 12 candidats de l'opposition, Achmet Said Mohamed, lui-même en lice.

Au total, 13 candidats dont le président sortant Azali Assoumani prennent part à cette élection anticipée.

Dans les îles d'Anjouan et Mohéli, la situation est très tendue depuis l'ouverture des bureaux de vote dont certains ont été saccagés. D'autres bureaux de vote ont été fermés en raison des violences.

Des urnes étaient remplies de bulletins de vote avant l'ouverture des bureaux, affirme l'opposition. C'est seulement à la Grande Comores que règne un calme relatif, selon notre correspondant.

"Des personnes sont gravement blessées, et d'autres sont arrêtées par les forces de l'ordre", a déclaré Mohamed Forouk Ali, le président de l'Observatoire comorien des élections, dans un entretien par téléphonique avec BBC Afrique.

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Image caption L'avocat Mahamadou Ahamada est l'un des candidats de l'opposition au scrutin présidentiel.

"Dès 4 h 35 minutes, nous avons été informés de la situation critique sur les îles d'Anjouan et de Mohéli avec les faits suivants : des assesseurs des différents candidats indépendants n'ont pas reçu les accréditations nécessaires pour accéder aux bureaux de vote. (…) Des tirs ont été entendus dans plusieurs localités", déclare Achmet Said Mohamed.

"Des bureaux de vote ont ouvert illégalement dès 4 h du matin, et des urnes remplies [de bulletins de vote] étaient déjà sur place. La population a commencé à manifester son mécontentement, et des vidéos montrent des scènes de violence dans des localités d'Anjouan où plusieurs urnes ont été saccagées", ajoute le porte-parole des candidats de l'opposition.

Il affirme que "plusieurs routes ont été bloquées, ce qui empêche la circulation des [électeurs] et entrave le vote".

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"Nous (…) constatons la prise en otage du pays et saisissons notre interlocuteur privilégié, l'Union africaine, afin qu'il prenne les dispositions nécessaires pour arrêter ce coup", poursuit Achmet Said Mohamed.

Le président de l'Observatoire comorien des élections a décrit une situation chaotique à Anjouan notamment. "Actuellement la situation est calme à Mohéli et à Moroni, mais elle est très tendue à Anjouan, où des bureaux de vote sont fermés et des urnes récupérées par les forces de l'ordre. Des urnes ont été saccagées, et des routes bloquées. On a entendu des coups de feu", a dit Mohamed Forouk Ali.

"Le matériel électoral n'a pas été livré dans certains bureaux de vote", ajoute-t-il.

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Image caption Un bureau de vote à Moroni, la capitale des Comores

Selon le président de l'Observatoire comorien des élections, un nouveau scrutin pourrait être organisé comme l'avait ordonné la Cour constitutionnelle et la commission électorale des Comores lors de l'élection présidentielle de 2016, à la suite d'irrégularités dans certaines circonscriptions électorales.

"Le processus électoral suit son cours normal"

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a relevé des irrégularités dans les localités de Mabahoni et Ndrondroni. Elle assure, dans un communiqué, que "le processus électoral suit son cours normal".

La Céni confirme la destruction d'urnes dans une dizaine de localités dont Shaweni et Hantsahi. Elle assure que "toutes les dispositions sont prises pour le remplacement des urnes cassées et la reprise" du vote.

Quelque 309.137 électeurs doivent élire le futur président comorien. Le scrutin est supervisé par l'Union africaine et des observateurs des pays d'Afrique de l'Est.

Les Comores, pays situé dans l'océan Indien, compte près de 814.000 habitants, selon la Banque mondiale.

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