Un Africain sur trois est prêt à émigrer, selon une étude

Un groupe de migrants au large des côtes de la Lybie. Copyright de l’image Getty Images
Image caption Un groupe de migrants au large des côtes de la Lybie

Malgré une croissance économique importante dans de nombreux pays africains au cours des deux dernières décennies, beaucoup d'Africains considèrent encore le départ de leur pays comme la meilleure option pour un avenir meilleur. Selon une nouvelle étude réalisée par Afrobaromètre, un réseau de recherche panafricain, les jeunes adultes et les citoyens très instruits du continent sont les plus prompts à quitter leur pays.

Les nouvelles données d'Afrobaromètre concernent 34 pays et explorent les perceptions, ainsi que les préférences des Africains ordinaires, lorsqu'il s'agit de migration internationale.

Les résultats montrent qu'un Africain sur trois envisage d'émigrer. Parmi eux, environ 10 % se préparent actuellement à quitter leur pays.

L'étude indique qu'en moyenne, plus de la moitié des personnes interrogées ayant fait des études postsecondaires envisagent d'émigrer. Ces proportions sont plus élevées au Zimbabwe et au Lesotho que dans les autres pays étudiés.

Trouver du travail et échapper aux difficultés économiques sont les raisons les plus souvent invoquées par les prétendants à la migration.

Lire aussi :

Le Parlement européen préconise une "liste noire"

Magic System contre la migration clandestine

Au niveau régional, c'est en Afrique centrale et en Afrique de l'Ouest que le désir d'aller vivre et travailler hors de son pays est le plus fort. Plus de quatre citoyens sur dix (46 % et 41 %, respectivement) ont songé à quitter leur pays. Le fait que les adultes les plus scolarisés et les plus jeunes sont les plus prompts à quitter leur pays confirme les préoccupations au sujet de la perte de précieuses ressources humaines pour les économies émergentes.

Copyright de l’image Getty Images
Image caption Un groupe de togolais devant la porte d'entrée du consulat d'Allemagne à Lomé.

Les Africains veulent que les gouvernants s'attèlent en priorité à la réduction du chômage, selon l'étude. Afrobaromètre appelle les gouvernements africains à trouver les moyens de développer leurs économies, à être suffisamment inclusifs et à créer des opportunités pour les jeunes au chômage.

Ces nouvelles données montrent que la migration de nombreux Africains se fait essentiellement à l'intérieur du continent, et non vers l'extérieur, comme on le croit souvent.

Plus d'un tiers des migrants potentiels aimeraient déménager dans un autre pays dans leur région (29 %) ou ailleurs en Afrique (7 %). Cette préférence pour les pays du continent est particulièrement forte en Afrique australe (58%). Elle surtout faible dans les pays d'Afrique du Nord (8 %).

Mais là encore, les variations d'une région à l'autre sont énormes : au Niger, 83 % souhaiteraient rester en Afrique, comme 63 % des Burkinabè. Mais en Sierra Leone (91 %), au Sénégal (91 %), en Gambie (94 %) et au Cap-Vert (98 %), plus de neuf émigrants potentiels sur dix sont susceptibles de choisir de quitter le continent.

A regarder :

Media playback is unsupported on your device
A Calais, vie de galère pour les clandestins érythréens

Sur le même sujet