Malawi : condamné à mort pour le meurtre d'un albinos

Alex Michila, vice-président de l'Association albinos du Malawi, lors d'une conférence sur l'albinisme en 2016. Copyright de l’image Getty Images
Image caption Alex Michila, vice-président de l'Association albinos du Malawi, lors d'une conférence sur l'albinisme en 2016. (Illustration)

Un jeune homme de 28 ans a été condamné à mort pour avoir tué un alibinos âgé de 19 ans pour s'enrichir.

Devant le tribunal, le meurtrier a avoué qu'il voulait suivre les instructions d'un sorcier du Mozambique voisin.

"La peine de mort est appropriée, car elle reflète le sentiment de justice dans ces circonstances ", a déclaré le juge Mclean Kamwambe, à la Haute Cour du Malawi.

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Selon lui, les meurtres et les enlèvements d'albinos enregistrés depuis 2014 avait entaché l'image du pays, le réduisant à "un état de terreur".

Il dit avoir pris cette décision de justice pour envoyer un avertissement sévère aux délinquants potentiels.

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Image caption Jammtain Frenando, un albinos malawite vendeur de chaussures en 2015 à Lilongwe. (Illustration)

Dans les zones rurales du Malawi, réputé être l'un des pays les plus pauvres, la croyance en la sorcellerie est très répandue.

Ce qui favorise les meurtres rituels ciblant particulièrement les personnes atteintes d'albinisme dont on croit que les parties du corps peuvent augmenter la richesse.

L'affaire est devenue un enjeu de campagne électorale alimentée par l'opposition qui accuse le gouvernement d'inaction, à quelques jours des élections nationales.

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Le parti du Congrès du Malawi (MCP) accuse le gouvernement de ne pas faire grand-chose pour arrêter les meurtres.

Le gouvernement a promis des récompenses en espèces pour ceux qui fourniront des informations sur les enlèvements et les meurtres des albinos, qui ont atteint au moins 150 depuis 2014 selon les Nations Unies.

Les mutilations et les sacrifices des albinos sont fréquents en république démocratique du Congo, au Congo, en Tanzanie, au Mozambique et en Afrique du Sud.