Au Soudan, la junte opte pour la charia

Le général Shamseddine Kabbashi, porte-parole du CMT, dit déplorer le "silence manifeste" des contestataires civils sur la possibilité pour le Soudan d'instaurer la loi islamique. Copyright de l’image Getty Images
Image caption Le général Shamseddine Kabbashi, porte-parole du CMT, dit déplorer le "silence manifeste" des contestataires civils sur la possibilité pour le Soudan d'instaurer la loi islamique.

Faut-il recourir à la charia pour la réforme des lois soudanaises ? La question est venue s'ajouter aux sujets sur lesquels les leaders de la contestation et ceux du Conseil militaire de transition (CMT) ont du mal à se mettre d'accord.

Le CMT, qui dirige le pays depuis la destitution du président Omar el-Béchir, dit avoir "beaucoup de réserves" sur les réformes proposées par les leaders de la contestation.

Il dit déplorer leur "silence manifeste" sur la loi islamique.

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Le général Shamseddine Kabbashi, porte-parole du Conseil militaire de transition, a déclaré aux journalistes que les militaires avaient largement approuvé les propositions venant des leaders civils du mouvement de contestation.

Mais, dit-il, les contestataires n'ont rien dit des "de la charia et de la tradition islamique, qui devraient être les sources" des prochaines lois devant régir le Soudan, un pays majoritairement musulman.

"Nous estimons que la charia islamique devrait être la source des normes (…) de la République du Soudan", affirme le porte-parole du CMT.

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Image caption Les manifestants continuent d'assiéger le quartier général de l'armée à Khartoum, réclamant que le pouvoir soit remis aux civils.

La Constitution actuelle du pays précise que la charia - jugée rigoriste et dénoncée par certaines organisations de défense des droits de l'homme - est le "principe directeur" des lois soudanaises.

Cependant, avec le régime de M. el-Béchir, la loi islamique a été utilisée pour régenter les femmes, selon certaines organisations de défense des droits des femmes.

Ces organisations affirment que des milliers de femmes ont été flagellées pour "comportement indécent", conformément à la charia.

Les dirigeants du mouvement de contestation ont proposé des réformes au gouvernement intérimaire dirigé par les militaires.

Mais les pourparlers entre l'armée et les civils sont dans l'impasse depuis plusieurs jours.

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Selon le général Shamseddine Kabbashi, il existe d'autres points de friction entre le CMT et les contestataires, qui ne parviennent toujours pas mettre sur place le "conseil souverain" chargé de conduire le pays à de nouvelles élections.

Les civils proposent une transition de quatre ans, alors que les militaires estiment qu'elle ne devrait durer que deux ans.

Selon le général Kabbashi, les deux parties pourraient s'entendre sur la tenue d'élections anticipées dans les six prochains mois.

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L'Association soudanaise des professionnels, qui participe aux pourparlers avec le CMT, va "étudier" cette proposition, selon son porte-parole, Amjad Farid.

Un haut responsable du Conseil militaire de transition a déclaré à la BBC qu'il n'accepterait pas que les civils soient majoritaires dans le prochain "conseil souverain" chargé d'assurer la transition vers les élections.

Les manifestants continuent d'assiéger le quartier général de l'armée à Khartoum, la capitale, réclamant que le pouvoir soit remis aux civils.

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