Des heurts entre motocyclistes et policiers à Yaoundé

Richard B Onanena, Yaoundé, BBC Afrique

Les conducteurs de motos-taxis, mécontents à cause de l'immobilisation d'une centaine de motos, ont envahi la voirie municipale. Copyright de l’image Richqrd B Onanena
Image caption Les conducteurs de motos-taxis, mécontents à cause de l'immobilisation d'une centaine de motos, ont envahi la voirie municipale.

Une mesure des autorités administratives limitant les espaces de circulation des motos-taxis à Yaoundé en est la cause.

Au moins une personne a été blessée dans des échauffourées entre des conducteurs de motos-taxis et les forces de sécurité camerounaises, à Yaoundé, la capitale du Cameroun.

Plus d'une centaine de motos ont été saisies. Les conducteurs, mécontents, ont envahi la voirie municipale.

Plus de 200 chauffeurs de motos-taxis avaient pris d'assaut la voirie municipale pour, disent-ils, récupérer leurs véhicules auprès des policiers.

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Des engins ont été saisis par la police municipale au quartier Nkolbisson, à une dizaine de kilomètres du centre-ville de Yaoundé. C'est là que les affrontements ont éclaté entre les policiers et les chauffeurs de motos-taxis.

Les manifestants ont bloqué la circulation, vandalisé quelques véhicules et mis le feu à un camion semi-remorque de la communauté urbaine.

Ils contestent un arrêté du préfet de Yaoundé daté du 6 mai, qui restreint la circulation des motos-taxis qui n'ont plus le droit de circuler sur les principaux axes des sept arrondissements de la ville. La décision ne les arrange pas, disent-ils.

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Image caption Un camion semi-remorque de la communauté urbaine a été incendié.

Un chauffeur raconte que l'un de ses camarades s'est blessé en tombant de sa moto lors de la rixe au quartier Nkolbisson.

Le gouverneur et le préfet de Yaoundé, ainsi qu'un délégué du gouvernement, Gilbert Tsimi Evouna, sont descendus sur le lieu de confrontation.

S'adressant à un délégué du syndicat des conducteurs de motos-taxis, M. Evouna soutient que l'arrêté préfectoral interdisant certains axes aux motos sera appliqué de gré ou de force.

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"L'arrêté que le préfet et moi avons pris restera en vigueur. C'est indiscutable", soutient le délégué du gouvernement, promettant de faire arrêter ceux qui ne respecteraient pas la mesure prise par les autorités.

Les affrontements ont fait une dizaine de blessés, dont l'un se trouve dans un état grave, selon des sources sécuritaires.

Le syndicat des conducteurs de motos-taxis déclare qu'au moins un manifestant a été grièvement blessé par balle.

C'est la deuxième fois, en trois mois, que des incidents éclatent entre la police municipale et les conducteurs de motos-taxis. Les échauffourées avaient fait un mort en février dernier.