En Guinée-Bissau, la justice ordonne l'arrestation du président du parlement

Le mandat de cinq ans de José Mario Vaza expiré le 23 juin, mais il continue de gérer les "affaires courantes" jusqu'à l'élection présidentielle programmée le 24 novembre. Copyright de l’image Getty Images
Image caption Le mandat de cinq ans de José Mario Vaza expiré le 23 juin, mais il continue de gérer les "affaires courantes" jusqu'à l'élection présidentielle programmée le 24 novembre.

Le procureur général de Guinée-Bissau a ordonné l'arrestation pour "tentative de subversion de l'ordre constitutionnel" du président de l'Assemblée nationale, Cipriano Cassama.

Il est reproché à M. Cassama d'avoir été désigné par la majorité parlementaire pour assurer "l'intérim" du chef de l'État, José Mario Vaz, dont le mandat a expiré.

La même accusation vise Califa Seidi, chef du groupe des députés du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), formation historique qui a conduit cette ex-colonie portugaise à l'indépendance et qui a remporté les législatives du 10 mars.

Les deux hommes sont à Abuja, au Nigeria, où se tient samedi un sommet de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) en partie consacré à la crise politique en Guinée-Bissau.

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Le PAIGC et ses trois formations alliées contrôlent une majorité de 54 sièges sur 102 à l'Assemblée nationale depuis les législatives du 10 mars.

Les députés de la majorité ont adopté jeudi à l'unanimité une résolution autorisant M. Cassama à assurer "l'intérim" du président Vaz, dont le mandat de cinq ans a expiré le 23 juin.

Il continue cependant de gérer les "affaires courantes" jusqu'à l'élection présidentielle programmée le 24 novembre.

"Tentative de subversion"

Cipriano Cassama et Califa Seidi sont responsables de cette "tentative de subversion de l'ordre démocratique constitutionnellement instauré", rapporte l'Agence France-Presse, citant une note du procureur général.

La crise en Guinée-Bissau a éclaté en août 2015 avec le limogeage par M. Vaz du chef du PAIGC, Domingos Simoes Pereira, qui était alors son Premier ministre et qu'il a récemment refusé de renommer à ce poste.