"Le handicap n'est pas la fin "

Simplice Lengui Zadanga à l'entraînement de basket.
Image caption Simplice Lengui Zadanga à l'entraînement de basket.

"Le handicap n'est pas la fin "

Cette phrase magique transformée en règle de vie a basculé positivement le destin d'un homme.

Simplice Lengui Zadanga, 42 ans, atteint d'une infirmité de membres inférieurs dès l'âge de 6 ans suite à une Poliomyélite, a su dominer son handicap, en exerçant aujourd'hui comme professeur d'anglais, bibliothécaire, basketteur en fauteuil roulant, coach en tir à l'arc, et joueur de Badminton.

Une performance qui lui vaut aujourd'hui respect et admiration.

Simplice Lengui Zadanga vient tous les mardi et jeudi de 13h à 15H au Centre National de Basket-ball Martin N'goko à Bangui pour jouer au basketball avec ses pairs en fauteuil roulant.

Il y a 36 ans, sa vie aurait pu se résumer en mendicité, mais Simplice a opté pour une importante force mentale.

Atteint de Poliomyélite à l'âge de 6 ans, il est resté paralysé des deux jambes toute sa vie.

Ce qui ne l'a pas empêché d'embrasser la carrière d'enseignant puis de sportif.

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"Quand j'avais encore à l'âge de 6 ans, j'ai été frappé d'une forte fièvre, j'étais atteint de la poliomyélite et je suis devenu handicapé. Aujourd'hui j'ai 42 ans. Je suis fonctionnaire car j'ai étudié et je suis entré dans la formation des professeurs. Je suis professeur d'anglais. Quand j'ai été intégré dans la fonction publique en 2007, j'ai rejoint également l'équipe de basketball" raconte-t-il.

Père de famille, enseignant, sportif, Simplice explique réussir tous ses engagements grâce à une forte organisation personnelle. Grâce à sa petite économie, il a pu acquérir une moto triporteur qui lui facilite ses déplacements de la maison au lieu de travail ou sur ses différents terrains d'entraînements.

Image caption Simplice Lengui Zadanga à son travail à la bibliothèque universitaire.

"Je suis fonctionnaire mais cela ne m'empêche pas de jouer au basket parce que nous les handicapés nous avons notre loisir. Le sport fait partie de mes loisirs donc je mets le programme de basket dans mon planning de travail et je m'en sors bien comme tous les autres. Je suis père de trois enfants, j'ai mon épouse. Je crois que ça tourne très bien", témoigne-t-il.

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Bonne organisation et assiduité qui lui valent aujourd'hui l'admiration de ses collègues.

Antoine Ouagandji, directeur de la bibliothèque universitaire de Bangui qui connaît Simplice depuis plusieurs années, garde un bon souvenir de lui.

"Monsieur Simplice, fut bibliothécaire dans un établissement secondaire et avait souhaité venir ici à la bibliothèque pour mieux se former à la profession de bibliothécaire et vu son engouement pour la profession, j'ai proposé sa nomination et aujourd'hui c'est devenu effectif", se souvient-il.

"L'après-midi quand c'est son tour de permanence, il est là ponctuel et il s'adonne à la profession en donnant entièrement satisfaction", raconte un autre collègue.

Image caption L'entraînement au Centre National de Basket-ball Martin N'goko à Bangui

Même sentiment pour ses camarades de jeu.

Tevincy Ballé, un des coaches de basket en fauteuil roulant, connaît aussi bien Simplice.

"Simplice joue ici et dans l'équipe nationale. Il est bon joueur. Il dit que faire du sport lui permet d'oublier son soucis de handicap", témoigne-t-il.

Basketteur, coach de tirs à l'arc et badiste, ses efforts sont aujourd'hui récompensés.

Il a effectué quelques voyages à l'étranger pour représenter son pays dans des rencontres et compétitions internationales.

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Mais tous ces exploits ne sont pas sans difficultés.

De l'école à la vie professionnelle, rien n'a été facile pour Simplice.

"Les difficultés ça ne manque pas. On ne m'a pas mis rapidement à l'école. J'ai commencé à fréquenter à partir de 12 ans alors ça m'a couté beaucoup. J'ai fait de mon mieux pour surmonter ces difficultés, jusqu'à l'université et obtenir mon diplôme de professorat", déclare-t-il.

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Dans le milieu professionnel, il se dit confronté à des difficultés car on ne tient pas compte des rampes dans les services.

"Pour monter les escaliers, je dois grimper avec mes paires de canes. Parfois, il m'arrive de tomber devant les gens et c'est très amer. Alors qu'ailleurs on prévoit des rampes, des ascenseurs dans les services pour que l'on puisse être à l'aise. Je me suis battu pour me faire une moto à trois roues, c'est ce qui me permet de me déplacer ça et là pour joindre les deux bouts", explique-t-il.

Malgré tout, pour Simplice, "le handicap ne constitue pas la fin".

Aujourd'hui, membre actif de la fédération centrafricaine de handisport, Simplice reste pour de nombreux Centrafricains, un handicapé hors du commun, alors que beaucoup d'autres sombrent dans l'assistanat.

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