Cameroun : l'opposant Maurice Kamto libre

Maurice Kamto est en prison depuis plusieurs mois pour avoir organisé des manifestations contre la réélection de Paul Biya. Copyright de l’image Getty Images
Image caption Maurice Kamto avait appelé à des manifestations contre la réélection de Paul Biya en 2018.

Le tribunal militaire de Yaoundé a ordonné la libération de l'opposant camerounais et d'une centaine d'opposants qui ont comparu à ses côtés, samedi.

Maurice Kamto et plus de 90 militants de son parti étaient poursuivis par la justice militaire, notamment pour "insurrection".

Il leur est reproché d'avoir appelé à des manifestations contre la réélection de Paul Biya à l'élection présidentielle de 2018.

Leur libération survient au lendemain de la décision du président Paul Biya d'exiger l'arrêt des poursuites judiciaires engagées contre plus de 300 détenus.

M. Biya a pris cette décision quelques heures seulement après la clôture du dialogue national qu'il a convoqué pour tenter de mettre fin au conflit séparatiste qui ensanglante les deux régions anglophones dans l'ouest du pays.

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M. Kamto, 65 ans, professeur agrégé de droit et avocat au barreau de Paris, est arrivé deuxième à la présidentielle d'octobre 2018.

Il conteste la réélection de M. Biya et avait été arrêté en janvier dernier avant d'être emprisonné en même temps que plusieurs de ses partisans.

Leur procès s'était ouvert le 6 septembre et devait reprendre mardi prochain.

Selon l'Agence France-Presse, Christian Penda Ekoka, ancien conseiller économique de Paul Biya, l'avocate Michèle Ndoki et le célèbre rappeur Valsero font partie des personnalités libérées.

Le Cameroun est confronté à de multiples crises, depuis quelques années.

Le nord du pays est sous la constante menace du groupe djihadiste nigérian Boko Haram, qui multiplie les attaques.

Dans l'Ouest, dans les deux régions peuplées principalement par la minorité anglophone, les violences et les combats entre groupes armés indépendantistes et militaires ont fait environ 3 000 morts en deux ans, selon des ONG.

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