La Turquie attaque les Kurdes en Syrie

L'alliance des Forces démocratiques syriennes a mené la lutte contre le groupe de l'État islamique en Syrie. Copyright de l’image Reuters
Image caption L'alliance des Forces démocratiques syriennes a mené la lutte contre le groupe de l'État islamique en Syrie.

La Turquie lance une offensive dans le nord-est de la Syrie contre une milice kurde accusée de terrorisme.

L'annonce du début de l'offensive contre les Unités de Protection du Peuple (YPG) a été faite par le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Ce dernier s'est dit plus que jamais déterminé à éloigner de la frontière turque cette milice que la Turquie considère comme "terroriste" en raison de ses liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

"Les Forces armées turques et l'Armée nationale syrienne (des rebelles syriens soutenus par Ankara, NDLR) ont débuté l'opération +Source de paix+ dans le nord de la Syrie", a annoncé M. Erdogan sur Twitter.

"La zone de sécurité que nous allons créer va permettre le retour des réfugiés syriens dans leur pays", a-t-il ajouté.

Au moment de l'annonce de M. Erdogan, une explosion a été entendue dans la région de Ras al-Ain en Syrie, frontalière de la Turquie. Une épaisse colonne de fumée était visible depuis la frontière turque.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a fait état de plusieurs "frappes aériennes", notamment dans le secteur de Ras al-Ain.

Cette offensive est la troisième d'Ankara en Syrie depuis 2016.

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Image caption Les Kurdes syriens rejettent les plans de la Turquie et disent qu'ils défendront leur territoire à tout prix

Le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker exige l'arrêt de l'offensive lancée par la Turquie dans le nord de la Syrie et a averti qu'aucun financement européen ne serait accordé "pour une zone de sécurité".

"La Turquie doit cesser l'opération militaire en cours. Elle ne donnera pas de résultat. Et si le plan de la Turquie est la création d'une zone de sécurité, n'attendez pas de financement de l'Union européenne", a-t-il affirmé devant le Parlement européen réuni à Bruxelles".

La France condamne "très fermement" l'offensive turque lancée mercredi dans le nord de la Syrie et saisit le Conseil de sécurité de l'ONU, a déclaré la secrétaire d'État aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, quelques instants après le début de l'opération turque.

"La France, l'Allemagne et le Royaume uni sont en train de finaliser une déclaration commune qui sera extrêmement claire sur le fait que nous condamnons très fortement et très fermement ce qui est rapporté", a-t-elle dit devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

Le Congrès américain va faire payer "très cher" au président turc Recep Tayyip Erdogan son offensive en Syrie contre des forces kurdes alliées de Washington, a prévenu mercredi l'influent sénateur républicain Lindsey Graham.

"Priez pour nos alliés kurdes qui ont été honteusement abandonnés par l'administration Trump", a-t-il écrit sur Twitter. "Je vais mener les efforts aux Congrès pour qu'Erdogan paie très cher", a ajouté celui qui est d'ordinaire un proche soutien du président Donald Trump.

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