Photographes d'Afrique : nourriture coloniale, combats de coqs et bus bondés

Les Rencontres de Bamako, l'un des festivals de photographie les plus prestigieux d'Afrique, fête ses 25 ans.

La 12ème édition des Rencontres de Bamako - Biennale de la Photographie, a permis de célébrer les 25 ans de d'existence du festival.

Tenue dans la capitale du Mali, Bamako, la biennale a réuni le travail de 85 photographes du continent et de la diaspora.

Ijeoma Ndukwe a vu, de près, certaines des images présentées.

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A woman lies on a soft blanket, looking into the camera, wearing Maggi stock cube branded dress, behind her a wallpaper made of the Maggi logo Copyright de l’image Adji Dieye
Image caption Adji Dieye: Maggic Cube (2017)
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"Il est naturel que la personne qui vous fournit de la nourriture vous dicte également sa volonté. Regardez votre assiette lorsque vous mangez du riz, du maïs ou du millet importés. C'est ça l'impérialisme."

Ce sont ces mots d'un discours de l'ancien président du Burkina Faso, Thomas Sankara, qui ont inspiré Adji Dieye à mettre en lumière le cube Maggi.

Cet assaisonnement provient de la Suisse, mais il est utilisé dans une grande partie de la cuisine ouest-africaine.

Référençant la photographie de portrait traditionnelle, les sujets de Dieye sont vêtus de la marque des arômes Maggi pour brouiller la différence entre la marchandise et le consommateur.

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A newly wed woman in a striking blue dress pouring tea Copyright de l’image Oumou Diarra
Image caption Oumou Diarra: Perle et or (2019)
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Élégamment vêtue, cette femme Songhai du Mali est une jeune mariée qui accomplit ses devoirs conjugaux en servant du thé pour son mari et ses invités, a déclaré le photographe malien Oumou Diarra.

À travers son travail, Diarra évoque les attentes des femmes mariées dans la société malienne.

Woman smokes a cigarette and seductively leans on a red leather sofa Copyright de l’image Antoine Ngolké Doo
Image caption Antoine Ngolké Doo: The Red Hour (2017)
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Le photographe camerounais autodidacte Antoine Ngolké Doo a grandi dans le quartier Mini-Ferme à Yaoundé. Chaque jour il passait par le quartier rouge.

Ces images sont le résultat de six mois passés en immersion, un regard intime sur la vie professionnelle des femmes qu'il a rencontrées.

Ngolké Doo dit qu'il voulait montrer "une autre réalité" des femmes qui doivent vendre leur corps pour survivre.

A écouter :

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Woman sits in chair outside watching TV Copyright de l’image Fatoumata Diabate
Image caption Fatoumata Diabate: Passion pour le service public (2019)
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"Cette image exprime une forme de liberté pour la femme", explique la photographe Fatoumata Diabaté.

L'image fait partie d'une série explorant le rôle de la télévision, qui, bien qu'elle aide à informer, est également devenue addictive pour beaucoup.

Elle fait partie d'une série plus large où de nombreux sujets de Diabaté sont des femmes qui travaillent, qui utilisent la télévision comme une forme de répit.

A groom and bride pose in front of a colourful mini van Copyright de l’image Fatoumata Diabate
Image caption Fatoumata Diabaté: A chacun son dimanche (2019)

En photographiant ce couple de jeunes mariés devant une mini-fourgonnette, Diabaté veut transmettre "la joie avant le début d'une aventure".

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Man sitting on a comfortable chair Copyright de l’image Omoregie Osakpolor
Image caption Omoregie Osakpolor: Nation Oubliée (2019)
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Il s'agit d'une image tirée du projet de documentaire multimédia en cours d'Omoregie Osakpolor qui raconte l'histoire de la négligence des personnes âgées du Nigéria.

La photo examine l'impact négatif de la corruption en décrivant comment le détournement de fonds publics a été défavorable particulièrement pour les retraités.

Les images ont été prises en soirée avec des lumières douces pour symboliser la vieillesse et les retraités au crépuscule de leur vie.

Osakpolor cherche à utiliser la photographie comme véhicule pour promouvoir le changement sociétal.

Black-and-white photo of a man holding a gamecock inside a cock ring Copyright de l’image Andrew Tshabangu
Image caption Andrew Tshabangu: La longue route (2018)
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Le photographe sud-africain Andrew Tshabangu capture l'instant avant le début d'un échange de coqs dans le quartier de Saint Denis à La Réunion, un territoire français.

Bien qu'une loi interdise les combats de coqs en grande majorité en France, la Réunion a maintenu le sport, où il est considéré comme faisant partie du patrimoine local.

Au cours de sa résidence sur l'île, Tshabangu, né à Soweto, a produit une série de photographies explorant différents quartiers.

A protester shows the middle finger with one hand and has five empty tear gas cartridges in the fingers of his other hand Copyright de l’image Fethi Sahraoui
Image caption Fethi Sahraoui (Collectif 220) : Par le Palais présidentiel, un manifestant a collé cinq cartouches de gaz lacrymogène vides sur ses doigts (2019)
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Un manifestant dans la capitale algérienne se colle cinq cartouches de gaz lacrymogène vides en référence au cinquième mandat que l'ancien président du pays, Abdelaziz Bouteflika, visait avant d'être contraint de démissionner.

Fethi Sahraoui est membre du Collectif 220, un groupe de photographes qui explore la société algérienne contemporaine et les relations entre les individus et leur environnement.

Boy in a beanie and sunglasses poses with flowers Copyright de l’image Alexia Webster
Image caption Alexia Webster: Studios de rue (2014)
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Ce portrait de Bariki Bahati, 19 ans, a été pris dans un camp pour personnes déplacées à l'extérieur de Goma en République démocratique du Congo.

Alexia Webster installe des studios photo en plein air au coin des rues et dans d'autres espaces publics, où elle invite les particuliers à prendre une photo.

Dans ses images, Webster examine les notions d'appartenance.

A (re)découvrir :

La beauté africaine en photos

People crammed into a bus Copyright de l’image Mauro Vombe
Image caption Mauro Vombe: Passagers (2017)
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Mauro Vombe jette un œil sur les conditions inhumaines des transports publics informels dans la capitale mozambicaine, Maputo.

L'impuissance des passagers s'exprime à travers leurs mines inconfortables, exiguës et désincarnées et leurs visages passifs.

Le travail de Mauro Vombe examine la façon dont les personnes modestes sont souvent rendus impuissantes et dépouillées de leur humanité.

Textes : d'Ijeoma Ndukwe. Toutes les photos sont soumises à des droits d'auteur.

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