Tshisekedi s'est-il attaqué aux six problèmes clés de la RDC?

Democratic Republic of the Congo's newly inaugurated President Felix Tshisekedi raises an official copy of the nation's constitution on January 24, 2019 Copyright de l’image Getty Images

Après 12 mois passés au pouvoir, Félix Tshisekedi a-t-il engagé la RDC sur la voie du changement?

Lorsque Félix Tshisekedi a prêté serment en tant que président de la République démocratique du Congo, il y a exactement un an, cela a été salué comme un moment historique.

Il s'agissait de la première transition pacifique du pouvoir dans l'histoire de la RDC depuis près de six décennies.

Pendant des années, le pays, qui possède d'énormes gisements de minerais, dont un ingrédient essentiel des batteries des voitures électriques, avait été enlisé dans un long conflit et la corruption.

En tant que porte-étendard de l'opposition sous l'UDPS, M. Tshisekedi a battu le candidat favori de son prédécesseur Joseph Kabila lors du vote de décembre 2018.

Mais ce résultat a été contesté par un autre candidat de l'opposition, Martin Fayulu, qui a déclaré être le vainqueur légitime.

Ce n'était pas un bon début pour un dirigeant qui espérait rassembler un pays fracturé et confronté à d'immenses défis, notamment une épidémie d'Ebola, des années de conflits armés dans l'Est, des infrastructures inadéquates et une économie en difficulté.

Comment s'est-il donc débrouillé sur les six questions clés de l'actualité socio-politique et économique de son pays ?

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1 - Le conflit dans l'Est

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Lors de sa prestation de serment, le président s'est engagé à "construire un Congo fort, tourné vers le développement dans la paix et la sécurité".

M. Tshisekedi a essayé de renforcer la sécurité, mais les populations de l'Est ne se sentent pas plus en sécurité qu'il y a 12 mois.

L'un de ses plus grands défis est la violence continue dans l'Est du pays, où des dizaines de groupes armés font des ravages.

L'armée a gagné du terrain sur le champ de bataille contre les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe rebelle qui a ses origines en Ouganda, mais qui est maintenant basé dans la région de Beni en RDC.

Mais en 2019, la milice a intensifié ses attaques en faisant des représailles contre les civils, tuant plus de 200 personnes en trois mois.

"Pendant ma campagne électorale, j'ai eu l'occasion de me rendre dans ces régions et j'ai été frappé par cette même situation qui m'a vraiment beaucoup blessé", a déclaré M. Tshisekedi à la BBC.

"Je me suis engagé à l'époque à faire tout mon possible pour apporter la paix".

Le président a ordonné à l'armée de déplacer une base de commandement à Beni, la ville au cœur des attaques de l'ADF.

Certaines troupes ont été remplacées, apportant une nouvelle énergie dans la lutte contre la milice.

Dans sa bataille contre un autre groupe, au moins deux leaders clés du groupe FDLR hutu rwandais ont été tués.

Mais de nombreux autres petits groupes armés sont toujours actifs dans la région, certains étant impliqués dans le commerce illégal de minerais.

Les attaques contre les civils se poursuivent, les rebelles, armés de simples machettes, pouvant frapper à tout moment.

L'armée, quant à elle, a été critiquée pour avoir tenté de mener une guerre conventionnelle contre eux.

2 - L'épidémie d'Ebola

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Lorsqu'il est arrivé au pouvoir, le président a été confronté à la propagation du virus Ebola, également dans l'Est du pays.

Il est depuis devenu le deuxième plus grave foyer d'Ebola au monde.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) l'a déclaré comme une urgence sanitaire internationale.

La méfiance entre la population locale et les travailleurs de la santé, alimentée par les mythes et la désinformation, ainsi que les attaques contre les membres de l'équipe d'intervention d'Ebola, continuent d'entraver la lutte contre ce virus mortel.

Deux vaccins sont actuellement utilisés dans les zones touchées pour empêcher sa propagation.

Le gouvernement de M. Tshisekedi a bénéficié d'une aide importante de la part d'organismes extérieurs et il semble que le taux de nouvelles infections diminue, mais l'OMS affirme qu'il est difficile de le confirmer car plusieurs zones sont difficiles à atteindre en raison de l'insécurité.

Mais la démission du ministre de la santé Oly Ilunga l'année dernière, suite à un désaccord sur la manière dont la réponse était gérée, a laissé apparaitre des divergences de point de vue dans la stratégie de lutte contre Ebola.

3 - L'épidémie de rougeole

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M. Tshisekedi a également dû faire face à la propagation de la rougeole.

Ce virus très contagieux a infecté plus de 300 000 personnes depuis le début de l'année 2019, des cas ayant été signalés dans chacune des 26 provinces du pays.

Au moins 6 000 personnes sont mortes - plus que du virus Ebola - à cause de l'épidémie, qui, selon l'OMS, est la pire épidémie de rougeole au monde.

Son gouvernement a réussi à mobiliser l'aide des agences internationales, mais il continuera à faire face à d'énormes défis pendant le reste de son mandat de cinq ans.

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Le président congolais Félix Tshisekedi, fait face à des défis socio sécuritaires, 1 an ap

4 - Construire le pays

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Dès son arrivée au pouvoir, le président a lancé ce qu'il a appelé "le programme d'urgence des 100 premiers jours".

"Avec très peu de moyens, nous avons commencé à construire des écoles, à restaurer des hôpitaux, des routes et des ponts, et à mettre en place des ferries pour faciliter le trafic fluvial", a-t-il déclaré à la BBC.

L'Observatoire des dépenses publiques, une ONG congolaise, a critiqué la façon dont les appels d'offres ont été effectués.

De plus, peu de projets ont été réalisés et ne représentent qu'une partie des besoins en infrastructures du pays.

Et l'on craint que les dépenses supplémentaires ne soient pas réellement utilisées pour engager des travaux d'amélioration des services, comme le dit le gouvernement.

5 - Échapper à la pauvreté

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Sur la base du revenu moyen par personne, la RDC compte parmi les cinq pays les plus pauvres du monde, malgré ses énormes richesses.

La plupart des Congolais vivent avec moins de 2 dollars par jour, selon la Banque mondiale.

Ce chiffre n'a cessé de croître depuis le début du siècle, mais le pays a encore un long chemin à parcourir.

Le président a déclaré vouloir s'attaquer à la pauvreté et, dans le cadre de cet effort, il a augmenté les dépenses publiques.

Au cours des douze derniers mois, le budget de l'État est passé de près de 6 milliards de dollars à 11 milliards de dollars.

Une question s'est alors posée : comment trouver l'argent nécessaire pour effectuer la rallonge budgétaire.

Une croyance populaire dans le cercle du président est que l'argent peut être trouvé en s'attaquant à la corruption.

Mais jusqu'à présent, aucune somme énorme n'a été découverte et aucune personnalité de haut rang soupçonnée de corruption n'a été poursuivie.

Le porte-parole du président a déclaré que le système judiciaire poursuit ses enquêtes.

La fiscalité dans certains domaines, y compris sur le foncier et les propriétés, a augmenté afin d'aider à payer les dépenses.

Mais la plupart des gens ordinaires restent impatients de voir leurs conditions sociales et économiques s'améliorer.

6 - Les tensions politiques

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Image caption President Tshisekedi has had to work with allies of his predecessor Joseph Kabila (L)

Malgré sa victoire à la présidence, M. Tshisekedi a dû trouver un compromis avec la coalition de son prédécesseur Joseph Kabila, qui contrôle la majorité des sièges au Parlement.

Les négociations entre les deux partis ont duré sept mois avant qu'un consensus ne soit trouvé pour qu'un gouvernement soit formé.

Les relations entre les deux partis ont été tendues au cours de l'année écoulée, les politiciens rivaux échangeant des insultes et, dans certains cas, recourant à la violence.

Mais il semble y avoir une détermination à faire en sorte que cela fonctionne.

Depuis son arrivée au pouvoir, le président Tshisekedi a créé un climat politique qui contraste avec les dernières années de M. Kabila.

Des prisonniers politiques ont été libérés et des personnalités clés de l'opposition, qui vivaient en exil, sont revenues en RDC, où elles jouent désormais leur rôle politique sans craindre la répression.