Comment la mosquée radicale du Kenya est devenue un lieu de paix

Ces six dernières années, la mosquée a encouragé la réconciliation
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Ces six dernières années, la mosquée a encouragé la réconciliation

En 2014, la police a fait une descente dans la mosquée Masjid Musa à Mombasa, affirmant qu'elle recrutait des jeunes pour rejoindre le groupe militant islamiste al-Shabab, basé en Somalie.

Ils ont confisqué des grenades, des disques audio et vidéo de propagande et des drapeaux noirs avec des fusils peints associés à al-Shabab.

Après l'arrestation de plus de 100 personnes, pour la plupart des jeunes hommes, la mosquée a été fermée.

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Les anciens de la communauté et les dirigeants régionaux se sont réunis pour réformer la direction de la mosquée, en expulsant les imams radicaux et en les remplaçant par de nouveaux, modérés.

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Un des jeunes sur le toit du Masjid Musa lors de la descente de police dans la mosquée le 2 février 2014 à Mombasa, Kenya

Quelques semaines plus tard, l'État a rouvert la mosquée après avoir été satisfait de ces réformes, qui comprenaient le délicat processus de réintégration des jeunes radicalisés.

Shabi Islam, le nouveau responsable, a expliqué à la BBC comment cela a été réalisé :

Selon lui, personne ne peut dire que ces jeunes sont revenus par la voie du fusil. "Ils ont changé grâce à la prière et à l'engagement".

Salim Karama, qui dit avoir été recruté pour rejoindre al-Shabab et avoir participé aux émeutes au moment de la fermeture, fait partie de ceux qui ont été réintégrés.

Mais il pense que sans emploi, les personnes comme lui restent vulnérables : "Le problème chronique, c'est... le chômage et les esprits oisifs. Si quelqu'un a un emploi, il quitte la maison tôt le matin, va au travail et revient le soir. Le gouvernement doit se pencher sur notre situation. Beaucoup d'efforts sont déployés pour éliminer un mal sans pour autant brancher quelque chose de bon".

Il reste encore quelques questions sans réponse sur la répression policière.

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Les musulmans rompent leur jeûne pendant le mois du Ramadan

La couturière Saddah Suleiman dit que son mari a été parmi ceux qui ont été arrêtés et elle n'a plus jamais eu de nouvelles depuis.

Selon une enquête judiciaire, la police l'aurait peut-être tué.

Mais Mme Suleiman veut une réponse concluante : "Je ne suis pas du tout satisfaite. Le gouvernement est censé nous dire où il se trouve parce que ce sont eux qui l'ont emmené. Nous les avons vus l'emmener. Ils doivent donc au moins nous dire où il se trouve. On ne nous l'a jamais dit".

La police a déclaré qu'il avait sauté d'un camion et s'était enfui alors qu'on l'emmenait au poste de police.

Néanmoins, six ans plus tard, les gens n'ont plus peur de marcher ou de vivre près de la mosquée Masjid Musa et les locataires reviennent en masse dans son quartier.

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