Quand le Coronavirus profite à des pêcheurs au Kenya

Des pêcheurs kenyans stockant du poisson pêché dans les eaux du Nil.

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Partout en Afrique, l'épidémie de coronavirus met à rude épreuve de nombreux secteurs, entraînant l'arrêt de certaines entreprises.

Mais toutes les industries n'en souffrent pas. Au Kenya, les ventes de poisson frais à Dunga, localité située sur les rives du lac Victoria, ont augmenté d'environ 40 % en seulement deux semaines, grâce ou à cause du Coronavirus.

Peu de poisson est désormais importé de Chine - pays d'où est partie l'épidémie.

Conséquence, les populations émettent des craintes quand il s'agit d'acheter des produits venant de Chine.

Ces facteurs ont accru la demande des clients en poisson frais venant du lac.

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"Dans cette région du lac Victoria, les pêcheurs sont vraiment contents parce qu'ils reçoivent plus de clients", confie Maurice Misodhi, pêcheur et responsable à l'unité de gestion de Dunga Beach.

Il explique par ailleurs que Dunga beach reçoit beaucoup de résidents de Kisumu situé à plus de sept kilomètres. Ceux-ci viennent acheter du poisson frais parce qu'ils craignent le poisson surgelé venant de Chine à cause du coronavirus.

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Un secteur qui agonisait avant la pandémie

Avant le coronavirus, les pêcheurs locaux avaient du mal à vendre leurs prises.

Le poisson du lac coûte environ deux fois plus cher que celui de Chine.

Mais selon Jackline Nyaboro, vendeuse de poisson à Dunga, à présent les clients sont prêts à acheter le poisson quel que soit prix.

"Avec la présence du coronavirus, les vendeurs de poisson importé de Chine sont désavantagées. Et moi qui commercialise le poisson du lac, j'ai maintenant l'avantage de vendre du poisson au prix que je veux."

Dans l'un des marchés aux poissons de la localité, certaines boîtes de poisson importées sont encore en stock.

Le Kenya a importé pour plus de 23 millions de dollars de poisson congelé de Chine en 2018.

Les acteurs de l'industrie autour du plus grand lac d'Afrique se plaignent depuis longtemps que les importations bon marché nuisent au commerce local.

Le poisson chinois représentait généralement environ 50 % du marché, mais celui-ci a diminué depuis l'apparition de l'épidémie de coronavirus.

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Néanmoins, la rareté du poisson chinois n'est pas une bonne nouvelle pour tout le monde. Les prix locaux élevés empêchent certains détaillants de poisson comme Caroline Ochieng de réaliser un important profit.

"En tant que commerçante, le poisson en provenance de Chine, nous l'obtenons à moindre coût. Mais quand il en manque, nous achetons le poisson de notre propre lac, mais c'est très cher" explique-t-elle.

Le poisson chinois n'a pas été importé depuis novembre et les stocks diminuent.

On craint que les pêcheurs locaux ne soient pas en mesure de répondre à la nouvelle demande de poisson frais.

Mais pour l'instant , ils tirent le meilleur parti de l'essor de ce commerce.