Meurtres de travailleurs humanitaires dans le nord-ouest du Cameroun

Une vue aérienne de la ville de Bamenda

Crédit photo, Getty Images

Un autre employé d'une organisation humanitaire enlevé vendredi dernier à Batibo dans le nord-ouest anglophone du Cameroun, a été tué le même jour, selon un communiqué du bureau des nations unies de coordination des affaires humanitaire dans le pays (OCHA).

Christopher Tandjo, de nationalité camerounaise travaillait pour l'ONG Initiative communautaire pour le développement communautaire (COMINSUD). Il a été enlevé vendredi à son domicile et tué par la suite par des séparatistes selon le directeur exécutif du COMINSUD.

"Ce que nous pouvons établir c'est qu'il a fait une vidéo dénonçant les abus des séparatistes, leur demandant de limiter les souffrances infligées aux populations", a expliqué Fon Nsoh.

Légende vidéo,

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La coordinatrice humanitaire par intérim au Cameroun, Mme Siti Batoul Oussein a condamné ce meurtre.

"La violence contre les travailleurs humanitaires n'est en aucun cas acceptable. Elle compromet l'accès à l'aide dont les personnes touchées par la crise dans les régions du sud-ouest et du nord-ouest ont grand besoin" a-t-elle soutenu.

Selon OCHA qui se dit «scandalisé et attristé», ce meurtre est le dernier d'une série d'attaques, d'extorsion et de harcèlement contre le personnel humanitaire dans les régions anglophones du sud-ouest et du nord-ouest du Cameroun.

Le meurtre de Chistopher Tandjo survient un mois après celui d'un agent de santé communautaire dans la région du sud-ouest.

Ces dernières semaines, la situation s'est envenimée quand l'Etat camerounais, soutenu par les évêques anglophones et le PNUD, ont lancé un vaste programme de reconstruction dans la zone.

Les séparatistes y voient une prise de position des organisations internationales en faveur du gouvernement dans ce conflit qui dure depuis 2016.