Boycott d'un débat électoral au Nigeria

Les trois candidats qui boycottent le débat Copyright de l’image
Image caption Goodluck Jonathan avait refusé de participer à un débat organisé la semaine dernière par une station privée, et l'opposition semble avoir voulu lui rendre la monnaie.

Les trois principaux candidats à la présidentielle d'Avril se sont retirés d'un débat télévisé qui devait les mettre aux prises avec le président Goodluck Jonathan.

Les trois - Nouhou Ribadou, Mouhammadou Bouhari and Ibrahim Shekarau - qui accusent Jonathan Goodluck d'arrogance le suspectent d'avoir accepté le débat parce qu'il est organisé par la télévision d'Etat.

Goodluck Jonathan avait refusé de participer à un débat organisé la semaine dernière par une station privée, et l'opposition semble avoir voulu lui rendre la monnaie.

Selon un correspondant de la BBC, le boycott du débat est un camouflet pour Goodluck Jonathan.

Il part favori à la présidentielle du 9 avril.

Le débat qui devait le mettre face à l'opposition la semaine dernière était organisée par la télévision privée NN24 TV.

Goodluck Jonathan l'a décliné, soulignant qu'il ne prendrait part qu'au débat sur la télévision d'Etat prévu pour mardi.

Ses opposants mettent en doute sa sincérité évoquant la dépendance de la station vis-à-vis du gouvernement.

Le correspondant de la BBC à Lagos dit que Jonathan est un piètre orateur et qu'il est assez évident que ses conseillers voudraient éviter de l'exposer au media tant que c'est possible.

Goodluck Jonathan est le candidat du People's Democratic Party (PDP) au pouvoir depuis la fin du règne des militaire en 1999.

Mais sa candidature a fait l'objet de l'opposition d'influentes personalités au sein de son parti qui estiment que le pouvoir devrait revenir à un nordiste plutôt qu'à Goodluck Jonathan qui est originaire de la région pétrolifère du Delta du Niger dans le sud du Nigeria.

L'ancien vice-président a hérité du pouvoir l'année dernière quand le président Oumarou Yar'Adua s'est éteint.

Des violences et fraudes ont émaillé les précédentes élections présidentielles.

Certaines des réformes électorales promises seront mises en application pour la présidentielle d'avril, mais elles ne sont pas suffisantes pour satisfaire l'opposition.