L'Erythrée accusée de soutenir al-Shabaab

Le président érythréen Isaias Afeworki
Image caption Le président érythréen Isaias Afeworki

Un rapport publié récemment par une équipe des Nations Unies chargée de superviser les sanctions contre la Somalie contenait d'étonnantes accusations : le gouvernement érythréen aurait envisagé de perpétrer un attentat à la bombe contre un sommet de l'Union africaine qui s'est tenu en Éthiopie en janvier dernier.

L'intérêt des médias s'est surtout porté sur cet aspect du rapport, mais dans les quelque quatre cent pages du document, il y avait aussi des allégations détaillées selon lesquelles l'Érythrée soutiendrait le groupe islamiste somalien al-Shabaab., par l’intermédiaire de ses ambassades à travers le monde.

Le rapport de l'ONU affirme que le gouvernement érythréen fournit régulièrement des paiements en espèces à des groupes armés à travers la Corne de l'Afrique, et au groupe islamiste Al-Shabaab, en particulier.

Les ambassades érythréennes dans le monde joueraient un rôle crucial dans ce processus.

Concrètement, les auteurs du rapport déclarent avoir obtenu des preuves formelles sur le fait que l'ambassade d'Érythrée à Nairobi fournit de l'argent à des individus liés à Al-Shabaab, et ce à hauteur de près de huit mille dollars par mois.

Le colonel Tewelde Habré Negash a été identifié comme étant étroitement impliqués dans les opérations de l'ambassade de Nairobi - des opérations qui consistent à fournir des passeports, des financements, un soutien logistique et permettre des formations à des groupes armés somaliens et éthiopiens.

Des accusations similaires concernent les ambassades érythréennes à Juba, à Khartoum et même à Washington.

Les Érythréens de la diaspora - qui représentent désormais un quart de la population érythréenne - paient des impôts, fournissant ainsi d’importantes sommes d'argent à leur patrie.

Grâce à cela et à l'aide en provenance du Qatar, de la Libye, de l'Iran et de la Corée du Nord, ainsi qu'un soutien des entreprises du gouvernement érythréen basées à Dubaï, les Erythréens continuent de financer des opérations en violation directe des sanctions de l'ONU qui s'appliquent à la Somalie.

Le gouvernement érythréen a rejeté ces allégations.