Incendie meurtrier au Kenya

Les habitants du bidonville regardent les pompiers Copyright de l’image BBC World Service
Image caption Les pompiers sont intervenus pour circonscrire le feu, sous les yeux des habitants de Sinai

L'explosion et l'incendie d'un oléoduc ont causé la mort de plus de cent personnes à Nairobi.

La police kényane confirme 120 morts et 109 blessés, hospitalisés pour des brûlures graves.

Le drame s'est produit dans une zone industrielle, au coeur d'un bidonville surpeuplé de Nairobi.

Le quartier est bouclé par la police et les pompiers aspergent l'oléoduc de mousse chimique pour contenir le feu.

L'oléoduc traverse le bidonville densément peuplé de Sinaï, qui s'étend du centre de Nairobi jusqu'à l'aéroport de la capitale kényane.

Selon journaliste de la BBC, Hassan Lali, la scène de l'explosion est atroce : des corps brûlés, parfois réduits à l'état de squelettes jonchent les lieux.

Des victimes ont été retrouvées dans un cours d'eau voisin, où elles auraient sauté pour tenter d'échapper aux flammes.

Le Premier ministre kényan s'est rendu sur les lieux de la tragédie.

Raila Odinga a déclaré : "Ce que j'ai vu est choquant, terrible. Je pense que c'est l'un des pires désastres qui se soit jamais produit ici dans le secteur pétrolier."

Il a précisé que 61 corps avaient été identifiés et que le bilan de l'accident pourrait augmenter.

Fuite de carburant

Selon certaines informations, l'explosion pourrait avoir été causée par une cigarette, jetée dans un égoût à ciel ouvert.

Il se serait rempli d'essence, suite à une fuite dans une cuve de carburant dans un dépôt voisin appartenant à la Kenya Pipeline Company.

C'est ce qu'a déclaré, à l'agence de presse britannique Reuters, le porte-parole de la police, Charles Owino.

Des habitants du bidonville affirment que de nombreuses personnes s'étaient précipitées pour récupérer l'essence qui fuyait.

Un résident du quartier, Joseph Mwego, cité par l'agence France presse, a déclaré : "il y a eu grand boum, une forte explosion, et la fumée et les flammes sont montées dans le ciel".

Tout aurait été brûlé dans un rayon de 300 mètres, selon des témoins.

Ils précisent que des cases à toits de tôles étaient construites juste au bord de l'oléoduc.

Il ne s'agit pas du premier drame de ce genre au Kénya : en 2009, plus d'une centaine de personnes avaient trouvé la mort en tentant de récupérer de l'essence dans un camion-citerne accidenté, dans l'ouest du pays.