Alger reconnaît finalement le CNT

Des membres de la famille de Khadaffi Copyright de l’image AFP
Image caption Une partie de la famille de Khadaffi a trouvé refuge en Algérie

Après l’avoir boudé depuis le début de la crise libyenne, le gouvernement algérien s’est déclaré prêt à « travailler étroitement » avec le Conseil national de transition libyen.

Le gouvernement algérien a changé de fusil d’épaule. Il a décidé de reconnaître le CNT libyen. Il a exprimé sa volonté de travailler étroitement avec lui, dans le but « d’asseoir une coopération bilatérale féconde au bénéfice des deux peuples frères (algérien et libyen), et pour favoriser les conditions de la préservation de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans la région », a indiqué un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères.

Alger a affirmé, dans le même communiqué, que « son devoir de solidarité avec le peuple libyen frère, dicté par l'Histoire et le voisinage, est une constante qui continuera de s'exprimer pleinement, conformément aux principes et règles de non-ingérence, de bon-voisinage, d'entraide et de respect mutuel ».

L’Algérie avait, jusqu’ici, subordonné sa reconnaissance des nouvelles autorités libyennes à la formation, par celles-ci, d’un gouvernement d’union nationale.

Cette position a été critiquée par des personnalités politiques algériennes.

Mais aussi par le CNT libyen qui avait accusé Alger, à maintes reprises, de soutenir Mouammar El-Kadhafi.

La tension entre les deux parties s’était accentuée davantage au lendemain de l’arrivée, le 29 août en Algérie, d’une partie de la famille de Khadaffi, dont son épouse, sa fille Aïcha ainsi que deux des ses fils Mohamed et Hannibal accompagnés de leurs enfants.

Le gouvernement algérien était soumis à de fortes pressions de la communauté internationale qui lui reprochait la position de neutralité qu’il défend dans la crise libyenne. Sa décision de reconnaître les nouvelles autorités libyennes intervient trois jours après celle de l’Union africaine et plusieurs semaines après celles du Maroc et de la Tunisie.