RDC: la CENI répond aux accusations

Le président de la commission électorale nationale indépendante Daniel Ngoy Mulunda Copyright de l’image
Image caption Le président de la CENI, rejette sur l'opposition la plupart des problèmes pendant le scrutin

Le président de la commission électorale, Daniel Ngoy Mulunda, répondant aux accusations portées sur le déroulement des élections du 28 novembre par l'opposition et des observateurs, estime que la plupart des problèmes qui ont affecté le scrutin et le dépouillement, ont été causés par des militants de l'opposition

Depuis ce week-end, les critiques pleuvent sur la CENI, la commission électorale nationale indépendante, qui a annoncé vendredi dernier la réélection du président sortant Joseph Kabila devant le principal candidat de l'opposition, Etienne Tshisekedi, le dirigeant de l'UDPS.

L'archevêque de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo, avait affirmé que les chiffres publiés ne correspondaient "ni à la vérité ni à la justice".

De son côté, la mission d'observation américaine du Centre Carter a estimé que les résultats de la présidentielle manquait de crédibilité.

Mais le président de la CENI a démontré que le Cardinal Monsengwo s'était lui-même trompé dans ses calculs, lui retournant le compliment.

Quant au Centre Carter, Daniel Ngoy Mulunda juge son rapport est incomplet :

« Il y a les endroits comme Kinshasa, les bureaux n'ont pas ouvert, les plis étaient fermés... On ne donne pas la cause et c'est ce qui demande une explication. Etait-ce la politique de la CENI de ne pas ouvrir certains bureaux ? Etait-ce notre planification de faire que certains bureaux n'aient pas ouvert ? Nous disons NON. Et le Centre Carter et tous les observateurs et même la presse a vu la situation qui était sur le terrain. Il y avait une violence généralisée. Les gens, dans l'impunité, ont détruit les bulletins de vote, ont incendié les bureaux, ont agressé membres, c'était visible», a affirmé le président de la CENI.

Le président de la Commission électorale assume la responsabilité des problèmes logistiques rencontrés dans certains bureaux ou centres de décomptes des voix, qui n'avaient pas reçu le matériel électoral prévu.

les résultats ne sont pas invalidés par les irrégularités

Cependant il soutient que l'ensemble de ces difficultés n'a pas affecté plus de 6% des suffrages et rejette la responsabilité des irrégularités sur l'opposition :

« Est-ce qu'on doit aller déverser sa colère le jour de l'élection ? Vous la déversez, vous empêchez les gens de voter, et les conséquences sont là, vous perdez vos voix. La CENI voudrait encore rassurer les gens qu'on a connu des difficultés, mais le processus n'a pas été entaché. Même si nous prenions (il y a des tableaux, on a fait la mathématique), tous ces bureaux-là, les 3000 bureaux représentés, si tout le monde avaient voté à 100% dans ces bureaux-là, ça représentait un total de voix de 1 300 000. Et quand vous prenez les 1 300 000, vous les donnez au deuxième qui arrivait en position, la différence était de 3 millions, donc ça ne change pas l'ordre», a expliqué Daniel Ngoy Mulunda.

La situation reste pour l'instant figée dans l'attente de la décision de la Cour suprême, qui a reçu un recours du troisième homme de la présidentielle, Vital Kamerhé.

Quant à Etienne Tshisekedi, arrivé deuxième selon les chiffres officiels mais convaincu d'avoir gagné dans les urnes, il a fait planer la menace d'un mot d'ordre à ses militants mais aucune consigne concrète n'est pour l'instant sortie de son quartier général dans la commune de Limete où l'on constate une forte présence policière.

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