Kagame dément soutenir le M23

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Image caption Paul Kagame, le président rwandais, répond en exclusivité aux accusations de soutien du Rwanda aux rebelles en RDC.

Paul Kagame, le président Rwandais, a catégoriquement démenti tout soutien aux rebelles du M23 en République démocratique du Congo. Accusé par Kinshasa, par l’ONU et l’Union européenne, Paul Kagame a répondu en exclusivité aux questions de Zeinab Badawi de la BBC.

Vous êtes confronté à de très sérieuses accusations sur vos activités en RDC voisine. Un rapport de l’ONU le mois dernier affirme que le gouvernement rwandais soutient les rebelles du M23 en RDC. Que répondez-vous?

Ma réponse est que nous ne sommes absolument pas lié à tout cela. Nous ne soutenons pas le M23 et nous n’en avons pas l’intention, car nous ne savons pas ce qu’ils veulent. Ça n’aurait aucun sens d'être impliqué, car notre relation avec la RDC était très bonne. Avant que tout cela n’arrive, nous travaillions ensemble pour le éliminer le problème qui existait entre les deux pays. Certaines personnes n'étaient pas contente que nous travaillions avec les Congolais, elles tentaient de manoeuvrer contre cela. Et d’un seul coup, à cause des problèmes du Congo, cette situation s’est créée. Cela est un plus un problème intérieur du Congo, et un échec des autorités à résoudre leurs propres problèmes, qui a créé cette situation.

Il ne fait aucun doute que la RDC a d'énormes problèmes. Néanmoins, le groupe d’expert sur la RDC qui a produit ce rapport, dans son briefing oral au comité des sanctions de l’ONU le 13 juin, dit qu’il a récolté des preuves de violations de l’embargo sur les armes et de violation du régime de sanctions commises par le gouvernement rwandais. Les experts disent que ces violations consistent à fournir du matériel et un soutien financier à des groupes armés qui opèrent dans l’est de la RDC, incluant le M23.

Laissez-moi clarifier les choses. Ce soi-disant rapport est une annexe attachée au rapport intérimaire par des soi-disant experts qui opèrent au Congo. Quand on regarde ce qu’il y a dans l’annexe, c’est révélateur: ces gens ne sont pas des experts. On l’a vu d’ailleurs quand le rapport est sorti: les personnalité rwandaises citées dans le rapport l’ont appris uniquement lors de la publication du document.

Pourquoi voudraient-ils inventer ce type d’informations?

Laissez-moi vous dire les faits, et vous pourrez tirer vos propres conclusions. Le rapport est basé sur ce qu’on dit les soldats au Congo, les officiers, les agents de renseignement, les soi-disant déserteurs, des gens qui ont déserté de l’un ou l’autre groupe. C’est tout ce dont ils parlent. Moi je vous dit que les personnes qui ont été accusées n’ont jamais été questionnées. (ndlr: parmi les noms d’officiels rwandais cités dans cette annexe figurent ceux du ministre rwandais de la Défense, le général James Kabarebe, de son chef d’état-major, le général Charles Kayonga, et des généraux Jack Nziza, Emmanuel Ruvusha et Alexis Kagame).

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