Le Kenya déconnecte les portables ‘faux’

Kenya mobile.
Image caption Plus de 3 millions d’appareils portables seraient concernés par la mesure.

Les autorités kenyanes ont décidé de déconnecter tous les téléphones mobiles de contrefaçon à partir du 30 septembre 2012.

Plus de 3 millions d’appareils portables sur les 29 millions en circulation dans le pays seraient des ‘faux’.

A partir de ce dimanche 30 septembre, tous les modèles de contrefaçon sont inutilisables sur les réseaux téléphoniques du pays.

Cette mesure qui devait entrer en vigueur en 2011, avait été repoussée à deux reprises pour permettre aux utilisateurs de remplacer leurs appareils.

Par ailleurs, les opérateurs téléphoniques n’auront plus l’autorisation d’activer de nouveaux appareils contrefaits achetés après le 1er octobre.

Selon les autorités kenyanes, cette mesure vise à protéger les consommateurs contre les matériaux dangereux utilisés dans la fabrication de ces mobiles, et à sécuriser les systèmes de paiements par téléphones portables.

Risques de fraudes

L’autorité de régulation des communications du Kenya (CCK), désigne comme ‘faux’ les copies de grandes marques et modèles fabriqués à partir de matériaux ‘non conformes’ aux standards et dépourvus de licence originale du fabricant.

Image caption Certains modèles sont vendus jusqu’à 150% moins cher.

Ces appareils de contrefaçon connaissent un grand succès du fait de leurs prix imbattables.

Certains modèles, qui échappent aux taxes d’importation du pays, sont vendus jusqu’à 150% moins cher.

La plupart de ces appareils sont fabriqués en Chine ou dans d’autres pays asiatiques, mais aussi au Nigéria et en Afrique du Sud.

La CCK s’inquiète de l’utilisation des composants qui échappent aux tests sécuritaires et qui pourraient émettre des ondes plus importantes que la limite recommandée.

En plus, ces téléphones portables se connectent difficilement aux réseaux téléphoniques et génèrent des disfonctionnements, estime l’autorité de régulation.

La décision du Kenya de déconnecter les téléphones portables illicites vise également à lutter contre les fraudes bancaires.

‘L’utilisation d’appareils de contrefaçon, fabriqués sans aucun respect des normes de sécurité, expose notre système bancaire mobile et plus largement notre système financier à des risques inutiles », a précisé Bitange Ndemo, ministre kenyan de la communication.

Prévenir des violences électorales

La Fédération des consommateurs du Kenya s’est initialement opposée à cette mesure gouvernementale indiquant que les utilisateurs des téléphones ne devraient pas être incriminés pour des appareils qui leur étaient vendus.

Le mois dernier, l’organisation a abandonné sa menace de saisir la justice après la publication d’une étude qui a révélé que la plupart des Kenyans sont favorables au retrait de ces appareils de la circulation.

Image caption Les autorités tentent de prévenir d’éventuelles violences lors des élections du 4 mars prochain.

Les autorités kenyanes ajoutent que cette décision permettrait également de répertorier les utilisateurs et prévenir d’éventuelles violences lors des présidentielles prévues dans 6 mois.

Le souvenir des violences électorales de 2007, qui ont fait plus de 1 300 morts, sont encore vivaces dans les esprits.

L’agence de régulation estime que le fait de ficher les mobiles peut avoir un effet dissuasif durant les élections du 4 mars prochain.

Des métaux précieux

Les millions de mobiles « faux » qui sont désormais hors-service devront être remplacés par des appareils authentiques. Une situation qui fait le bonheur des vendeurs et fabricants de téléphones mobiles.

Pour prévenir des risques de pollution environnementale, les compagnies Nokia et Samsung en partenariat avec les entreprises locales de recyclage, ont mis en place un service de récupération des téléphones contrefaits.

‘Les téléphones mobiles contiennent de nombreux matériaux, y compris des métaux précieux qui pourraient être recyclés’ a indiqué Bruce Howe, le directeur général de Nokia pour l’Afrique de l’Est.

Selon les responsables de l’entreprise, le Kenya pourrait servir d’exemple aux autres pays africains dans sa lutte contre les portables de contrefaçon.

Les autorités ougandaises ont déjà exprimé leur souhait d’adopter une mesure similaire.