In Aménas: le bilan du siège s'alourdit

Le complexe gazier de Tiguentourine près d'In Amenas
Image caption Le complexe de Tiguentourine près d'In Amenas

L'Algérie de l'Intérieur a averti qu'il fallait s'attendre à ce que le nombre de morts durant le siège du complexe gazier d'In Amnénas augmente.

Le ministre de l'Intérieur a affirmé que 23 otages et 32 militants avaient été tués au cours du siége, auquel les forces spéciales algériennes ont mis fin samedi.

685 otages algériens et 107 otages étrangers avaient pu s'échapper ou ont été libérés par les forces de sécurité.

Face aux critiques de certains pays, la France a demandé de reconnaître que les autorités algériennes étaient confrontées à une situation intolérable.

"Chacun doit savoir que les terroristes qui ont attaqué le complexe gazier, sont des tueurs qui pillent, violent et tuent", a déclaré dimanche Laurent Fabius, le ministre français des affaires étrangères.

Les détails de ce qui s'est passé pendant le siège commencent à filtrer car les autorités algériennes avaient refusé toute proposition d'aide extérieure et interdit l'accès aux personnels consulaires et aux journalistes.

L'armée continue de procéder au déminage du complexe, exploité conjointement par la Sonatrach, société nationale algérienne, British Petroleum et Statoil (Norvège).

Pas question de négocier

D'après le site en ligne du journal algérien El_Khabar les autorités algériennes avaient pris la décision de ne pas négocier avec les preneurs d'otages et de mettre fin au siège par la force quelques heures après le début de l'attaque des islamistes.

Alors que plusieurs pays, en particulier le Royaume-uni et le Japon, avaient émis des réserves voire des critiques sur la gestion de la crise par les autorités algériennes, le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, de passage à Londres, a déclaré samedi qu'il était "important de continuer à travailer avec les Algériens (qui) comprennent la menace terroriste...pour développer une approche régionale".

Toutefois "les Etats-Unis n'ont pas l'intention d'envoyer des troupes dans la région", a précisé M. Panetta.

"Nous traquerons les membres d'al-Qaïda, où qu'ils soient et partout où ils se cachent. Nous l'avons fait en Afghanistan, au Pakistan, nous l'avons fait en Somalie et au Yemen, nous le ferons aussi en Afrique du nord", a-t-il averti.

Par ailleurs le Premier ministre libyen Ali Zeidan, a déclaré samedi que Tripoli ne permettrait pas que son territoire serve de bases arrières pour attaquer les pays voisins.

La localité d'In Aménas près de laquelle se trouve le complexe gazier deTiguentourine, est proche de la frontière avec la Libye, d'où transitent illégalement des armes depuis la chute de Khadafi.

Dans les années 90 la lutte entre des insurgés islamistes et les forces de sécurité avait fait 200 000 morts en Algérie.

Le siège d'In Aménas était plannifiée de longue date

Cetta action audacieuse a certainement était préparée avant l'intervention de l'armée française au Mali pour empêcher les groupes armés islamistes qui occupent le nord du pays de descendre jusqu'à Bamako.

Selon des agences de presse mauritaniennes le chef du commando était Abdul Rahman al-Nigeri, d'une tribu arabe au Niger, qui avait rejoint le GSPC (le Groupe salafiste pour la prédication et le combat) en 2005.

Nigeri est un proche collaborateur de Mokhtar Belmokhtar, sans doute le cerveau de l'opération.

Le groupuscule s'est ensuite fondu dans Aqmi, al-QaÏda au Maghreb islamique qui combat aux cotés d'autres groupes armés dans le nord du Mali.

Les preneurs d'otages étaient originaires de six natinalités différentes.