Appel à la mobilisation pour le Mali

Le président Alassane Ouattara
Image caption Le président Ouattara a demandé "un engagement plus large autour de la France et de 'Afrique".

Les dirigeants des 15 pays membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, réunis samedi à Abidjan pour accélérer et coordonner le déploiement d'une force d'intervention au Mali, ont appelé à une mobilisation internationale "plus large".

Ce sommet extraordinaire s'est ouvert samedi matin en présence du chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de la Cédéao, et du président malien par intérim Dioncounda Traoré, notamment.

Le président tchadien Idriss Deby - dont le pays ne fait pas partie de la Cédéao mais qui a promis d'envoyer des troupes - et le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius y participaient..

"les Africains doivent prendre le relais"

Les forces africaines d'intervention au Mali "doivent prendre le relais de la France", a déclaré samedi le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, à son arrivée à Abidjan, peu avant le début du sommet.

"La France a été obligée d'intervenir très, très rapidement sinon il n'y aurait plus de Mali mais il est bien entendu que ce sont les Africains qui doivent prendre le relais", a-t-il déclaré à la radio RTL.

Interrogé sur le temps qu'il faudra pour que les troupes africaines de la Misma (Mission de soutien au Mali) soient opérationnelles, le ministre a estimé que cela se mesurait "en semaines".

La France est intervenue militairement le 11 janvier pour parer à toute tentative d'avance des jihadistes vers le sud du Mali.

Laurent Fabius a affirmé qu'il fallait ouvrir dès que possible une discussion entre le sud et le nord du Mali où il n'y a pas seulement des terroristes, c'est l'aspect politique, et il y a aussi l'aspect développement car ces gens-là sont extrêmement pauvres".

Fabius a aussi insisté sur l'importance de la conférence des donateurs, prévue le 29 janvier à Addis Abeba, sous l'égide de l'Union africaine pour aider à terme au financement de la contribution militaire des pays de la région.

Huit pays ouest-africains - Nigeria, Togo, Bénin, Sénégal, Niger, Guinée, Ghana et Burkina Faso - ainsi que le Tchad ont annoncé leur participation à la Misma, la Mission internationale de soutien au Mali, qui comprendra 5 800 soldats pour prendre le relais de l'armée française qui est intervenue le 11 janvier pour arrêter l'avance des islamistes vers Bamako après la prise de Konna (depuis recapturée).

Le président François Hollande a expliqué samedi que la France resterait au Mali "le temps nécessaire pour que le terrorisme soit vaincu dans cette partie de l'Afrique."

"L'ensemble du Sahel menacé"

Ouvrant le sommet extraordinaire à Abidjan, visant à accélérer le déploiement de contingents africains au Mali, le président Alassance Ouattara a plaidé pour "un engagement plus large(...) autour de la France et de l'Afrique dans la guerre totale et multiforme contre le terrorisme au Mali".

Le nord du pays est occupé depuis avril 2012 par des groupes armés islamistes qui imposent une application stricte de la charia et ont multiplié les exactions.

Par ailleurs le président du Niger, Mahamadou Issoufou estime que la crise malienne porte un risque de déstabilisation de "l'ensemble des pays du Sahel".

Dans un entretien au quotidien français Le Parisien, assure que les forces nigériennes "sont prêtes" à intervenir chez son voisin.

"Si rien n'est fait, ils (les jihadistes) vont déstabiliser l'ensemble des pays du Sahel. La prise d'otages sur le site gazier d'In Amenas (en Algérie) le prouve", avertit M. Issoufou.

Interrogé sur d'éventuelles similitudes entre la situation au Mali et en Afghanistan, le président nigérien assure que "les deux situations ne sont pas identiques" car "au Mali, les terroristes n'ont pas d'ancrage social. ce sont des trafiquants qui ont recruté des mercenaires qui veulent s'imposer par la force en semant la terreur et la désolation".