Mutinerie à Asmara en Erythrée

Image caption Le président Isaias Afeworki est au pouvoir depuis une vingtaine d'années.

Des soldats érythréens appuyés par des chars qui font le siège du ministère de l'information à Asmara, ont forcé la télévision nationale à lancer un appel à la libération de prisonniers politiques.

Mais les mutins ne sont pas allés jusqu'à réclamer le renversement du gouvernement de l'un des pays les plus fermés au monde extérieur.

Isaias Afewerki, qui est âgé de 66 ans, dirige l'Erythée depuis la sécession d'avec l'Ethiopie il y a une vingtaine d'années.

Les mutins ont forcé le directeur-général de la télévision public à déclarer que "le gouvernement érythréen doit libérer tous les prisonniers politiques", selon une source des services de renseignement erythréen, qui a requis l'anonymat.

Le gouvernement n'a fait aucune déclaration sur cette affaire.

L'année dernière le Haut commissaire aux droits de l'Homme a accusé les autorités d'Asmara de pratiquer la torture et procéder à des exécutions sommaires.

On estime entre 5.000 et 10.000 le nombre des prisonniers politiques dans un pays qui compte environ 6 millions d'habitants.

Les programmes de la télévision nationale ont été suspendus après la diffusion de l'appel des mutins.

D'après un diplomate occidental en poste à Addis Abeba, les soldats auraient occupé d'autres bâtiments publics.

La dégradation de la situation économique a entraîné des tensions entre le gouvernement et l'armée ces derniers mois, a expliqué à Reuters l'un des mutins.

En 2009 le Conseil de sécurité a voté des sanctions contre l'Erythrée accusée de financer et d armer les shebab, mouvement islamiste insurgé en Somalie.

Asmara a toujours nié ces accusations.