Macky Sall contre la légalisation de l'homosexualité

Image caption La mise au point de Macky Sall a été salué par des nombreuses associations locales.

Pas question de dépénaliser l'homosexualité au Sénégal. Le président Macky Sall s'est voulu clair sur un débat en cours ces derniers temps dans le pays.

Dans un communiqué publié vendredi par la présidence, il a "souligné avec fermeté que l'Etat n'a jamais envisagé une telle option qu'il exclut totalement sous son magistère"

Selon le même document, le président sénégalais a réaffirmé "son ancrage dans (les) valeurs culturelles de base (du Sénégal) qui ne peuvent s'accommoder d'une option de dépénalisation de l'homosexualité".

Mardi, le député socialiste Iba Der Thiam avait saisi le président de l'Assemblée Nationale, Moustapha Niasse, à travers une "question d’actualité" lui demandant de saisir l'exécutif aux fins de ‘’connaître (...) la position officielle du Gouvernement du Sénégal sur la question de la dépénalisation de l’homosexualité’’.

Le débat fait en tout cas rage dans la presse locale depuis deux semaines.

Le quotidien Le Populaire avait rapporté, dans son édition du 28 février dernier, que des lobbies homosexuels étaient en train de s'activer en coulisses pour faire déposer un projet de loi visant à dépénaliser cette pratique.

La presse locale a également fait état d'une réunion à Dakar de représentants de "lobbies homosexuels", du ministère de la Santé et d'organisations de défense des Droits de l'Homme.

Tout comme le président Sall, de nombreuses personnalités ont aussi fait part de leur opposition à la perspective de la dépénalisation.

L’ONG Jamra s'est félicitée, dans un communiqué, de la récente mise au point du chef de l’Etat.

L'organisation islamique invite toutefois à la vigilance, dans le cas où "d’éventuels lobbyistes pro-dépénalisation s’aventureraient à revenir à la charge, comme ils le font régulièrement depuis 2001".

Généralement décriée au Sénégal, l'homosexualité est considérée comme une pratique importée des pays occidentaux.

Au Sénégal, les actes homosexuels sont passibles de un à cinq ans de prison et d'une amende de 100.000 à 1.500.000 francs CFA.