Sahel : aide de l'UE sur la crise alimentaire

L’Union européenne annonce le déblocage supplémentaire de plus de 40 millions d’euros pour lutter contre la crise alimentaire au Tchad, au Mali et en Mauritanie.

Ce financement a été approuvé mercredi lors de la commission des budgets.

Au Mali, le nouvel apport est fixé à douze millions d'euros, justifiés par les conséquences de l'intervention militaire française dans le pays.

Il s'ajoute aux 100 millions alloués au pays pour financer l'aide humanitaire.

Au Sahel, le montant d'une trentaine de millions d'euros doit servir à lutter contre la malnutrition qui frappe notamment les populations infantiles.

Selon l'UE, les fortes inondations du second semestre de l'an dernier au Nigéria ont à la fois contraint des peuples à se déplacer et ralenti les productions de stocks alimentaires ce qui occasionne aujourd'hui des rations trop limitées.

Dans ces trente millions d'euros, huit seront destinés au Tchad dans le cadre du Programme alimentaire mondial qui doit fournir des denrées alimentaires à 425 000 personnes pendant quatre mois, à compter de juin 2013.

L'annonce des pays européens intervient alors qu'à Nouakchott une réunion du groupe Sahel Plus a lieu pour examiner des programmes afin d'affronter la situation des réfugiés et déplacés au Sahel.

Au Sahel, vingt millions de personnes sont actuellement victimes d’une situation alimentaire « grave » selon le Japonais Tadateru Konoé, président de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).

Les organisations humanitaires font le point avec des représentants des pays membres (Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad) en ce qui concerne les réfugiés et déplacés dans ces pays.

Selon M. Konoé cité par l'AFP, l'état de santé de « bien des communautés au Sahel est compromis par la fragilité des infrastructures et des systèmes de santé dans beaucoup de pays » au moment où « le risque d'épidémies est accru par la mauvaise qualité de l'eau et des systèmes d'assainissement, la malnutrition et le manque de personnel de santé ».

En plus des personnes déjà touchées par cette situation de crise, 10 millions de personnes sont actuellement menacées dans neuf pays d'Afrique de l'Ouest par une pénurie alimentaire selon un responsable de la Commission européenne chargé de l'aide humanitaire et de la protection civile (ECHO).