Élection au Mali: le doute

Image caption Le président malien par intérim, Dioncounda Traoré (à gauche), en compagnie du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, à Bamako, le 25 avril 2013.

A un peu plus de deux mois de l'élection présidentielle prévue au Mali, plusieurs responsables de l'organisation du scrutin émettent des doutes sur l'échéance.

Lors d’un forum organisé à Bamako par le NDI , une organisation non gouvernementale américaine, Mamadou Diamoutani, président de la Commission électorale nationale indépendante au Mali, une des trois structures impliquée de l’organisation de l'élection, estime que le 7 juillet, date souvent annoncée pour le premier tour, sera “difficilement tenable", parlant de "préalables" à satisfaire.

Le directeur de la Délégation générale aux élections (DGE), le général Siaka Sangaré, a affirmé ne pas disposer des données qui lui permettrait d'établir les listes électorales.

“Les listes électorales sont établies par les commissions administratives, donc il faut que ces commissions mènent les opérations avant que le DGE n’entre dans la danse”, a déclaré Siaka Sangaré.

Les commissions administratives pourraient faire ce travail en mai.

Le ministère malien de l’Administration territoriale au Mali, troisième structure impliquée dans l’organisation du scrutin, s’est récemment montrée optimiste, de même que le président par intérim Dioncounda Traoré.

La classe politique est divisée: “L'échéance du 7 juillet ne peut pas être tenue”, affirme Nouhoum Kéita, secrétaire administratif du parti Sadi, “à moins d’aller dans un forcing qui pourrait être préjudiciable”.

Au contraire, Soumana Mory Coulibaly, vice-president des Forces Alternatives pour le Renouveau et l'Emergence, estime que le scrutin est possible.

”Avant les évènements des 21 et 22 mars 2012, on était à 35 jours des élections, et tout le monde était d’accord pour aller aux élections. La Céni n’a pas chômé pendant tout ce temps là. Avec un peu plus de volonté, ces élections peuvent se faire”, a déclaré Soumana Mory Coulibaly.

La France, qui intervient militairement au Mali depuis le 11 janvier contre les groupes islamistes au nord du Mali, insiste pour que la présidentielle ait lieu en juillet.

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