RDC: chute d'un obus à Goma, 2 morts

Une maison où habitait un fonctionnaire des Nations unies, éventrée par un tir d'obus à Goma, le 22 août.
Image caption Une maison où habitait un fonctionnaire des Nations unies, éventrée par un tir d'obus à Goma, le 22 août.

Trois personnes ont été tuées par la chute d'un obus, samedi, sur un faubourg de Goma dans l'est de la République démocratique du Congo, trois jours après la reprise des affrontements entre des rebelles congolais et l'armée (FARDC).

Selon un témoin, l'obus est tombé dans le quartier de Ndosho, dans l'ouest de Goma, faisant au moins trois morts.

Deux autres obus sont tombés près de la ville, dont l'un sur le camp de réfugiés de Mugunga 3, à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Goma, mais il n'y a pour le moment aucun bilan.

Ces tirs d'obus ont provoqué une vive tension à Goma où des habitants ont manifesté pour protester contre la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RD Congo (Monusco), qu'ils jugent trop passive.

Des manifestants ont formé un cortège, portant le corps d'un enfant tué par la chute de l'obus dans le quartier de Ndosho (ouest de Goma).

Toutes les boutiques étaient fermées et la circulation était réduite.

Le porte-parole militaire de la Monusco, le lieutenant-colonel Prosper Basse, a indiqué que le personnel des Nations unies avait été invité à réduire ses mouvements en ville.

Il a réitéré le "soutien indefectible" de la Monusco aux forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Aucune information n'a pu être obtenue auprès des Nations unies sur l'origine des tirs.

Les Casques bleus se sont engagés aux côtés de l'armée congolaise, suite aux tirs d'artillerie, roquettes et obus, jeudi sur les faubourgs de Goma.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du M23, le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, a accusé l'armée régulière.

Selon le mouvement rebelle, les tirs samedi visaient la communauté rwandophone installée à Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

Dans une lettre ouverte au secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moo, les rebelles demandent la formation d'une commission d'enquête indépendante.

Les affrontements avaient repris mercredi soir au nord de Goma entre le mouvement rebelle congolais M23 et l'armée de RDC, provoquant la mort de quatre civils et en blessant une dizaine, selon l'ONU.

Le Mouvement du 23 mars (M23) est actif depuis mai 2012 dans le Nord-Kivu.

Il est composé d'anciens rebelles qui avaient été intégrés à l'armée congolaise puis ont fait défection, affirmant que l'accord signé avec Kinshasa n'avait pas été respecté.

Le gouvernement congolais et l'ONU ont accusé le Rwanda de soutenir ce mouvement rebelle congolais, ce que Kigali a toujours démenti.

Enfin l'armée rwandaise a acccusé la République démocratique du Congo d'avoir à nouveau bombardé son territoire et averti qu'elle ne resterait pas indéfinimement sans réagir.

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