Israël : 8000 africains réclament le statut de réfugiés

Manifestation de migrants africains Copyright de l’image Guila Flint
Image caption Manifestation de migrants africains

Près de 8.000 Africains ont manifesté mercredi devant une douzaine d'ambassades à Tel-Aviv. Ils protestent contre le refus des autorités israéliennes de leur accorder le statut de réfugiés.

« Nous sommes des réfugiés » peut-on lire sur cette pancarte. Ils sont plusieurs centaines, des Soudanais mais surtout des Erythréens, à défiler devant l’ambassade d’Ethiopie à Tel Aviv. Yonass est l’un d’entre eux. Il est arrivé en Israël il y a six ans. Mais depuis deux semaines, il n’a plus de papier en règle. Le gouvernement israélien refuse de lui renouveler son titre de séjour. Résultat : Yonass a perdu son travail.

« On ne peut pas vivre sans visa. On ne peut pas travailler, ni manger, ni payer notre loyer. C’est très difficile, très difficile. »

Comme des milliers d’immigrés, Yonass dénonce le refus des autorités d’examiner leur demande d’asile. Il est en colère aussi contre la nouvelle loi israélienne, votée le mois dernier… et qui permet d’emprisonner tous les migrants illégaux, pendant un an, sans aucun procès. L’objectif des autorités israéliennes est de pousser les clandestins à retourner dans leur pays d’origine. Mais la plupart ne peuvent pas rentrer chez eux. « Si je rentre en Erythrée, ils vont me tuer ou me jeter en prison. Le gouvernement israélien doit prendre conscience de nos problèmes et nous donner le statut de réfugié en Israël », explique Yonass.

Depuis 2012, le gouvernement israélien mène une politique d’immigration de plus en plus dure… D’après les autorités, il y aurait en Israël près de 50 000 immigrés clandestins qui n’ont pas le droit de travailler librement. Leur visa temporaire estampillé « liberté conditionnelle » n’est pas un permis de travail. Philippos est un leader de la communauté érythréenne : « Nous sommes des demandeurs d’asile, des réfugiés. Nous ne sommes pas des criminels, comme le sous-entend notre visa. Ce n’est pas juste. Et la deuxième chose, c’est que ce visa ne nous autorise pas à travailler. Ce n’est pas un permis de travail. Donc, si vous n’obtenez aucun soutien, si on vous pousse dans la rue et on vous interdit de travailler, qu’est-ce que peut bien attendre le gouvernement de nous ? Il va finir par créer des criminels. »

Les immigrés africains ont bien l’intention de poursuivre leur mouvement de protestation jusqu’à ce qu’ils soient entendus. En guise de soutien, des milliers de personnes se sont également rassemblés hier devant les ambassades israéliennes à travers le monde.