Côte d’ivoire: Bruly Bouabré n’est plus

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Image caption Une exposition du Nouvel An au musée de Darwin à Moscou

L'écrivain, penseur et dessinateur ivoirien est décédé mardi à l'âge de 91 ans.

Il avait inventé à la suite d’une « révélation divine » en 1948 un alphabet et une écriture spécifique pour sauver de l'oubli la culture du peuple Bété.

Utilisant cette écriture, il a retranscrit des contes, des textes de la tradition bété et des poèmes. Ses recherches ont été publiées en 1958 par Théodore Monod, explorateur et scientifique français.

« C’est tout un patrimoine littéraire graphique qu’il laisse à l’humanité, toute une œuvre, tout un enseignement, toute une philosophie qui est une source de rapprochement des cultures», a témoigné Yaya Savané, ancien conservateur en chef du Musée national de Côte-d'Ivoire.

Depuis 1990, cet historien anthropologue est chargé de la conservation, la protection, la valorisation et la diffusion du patrimoine artistique et littéraire de Frédéric Bruly Bouabré.

Il retient également que le thème qui était le plus cher au défunt est « la notion de parenté qu’il cultivait au quotidien, un humanisme de parents.

Quelle que soit notre appartenance géographique, anthropologique, ethnique etc. son combat était toujours le même a-t-il dit, ajoutant qu’il partait du fait que nous sommes tous venus de la terre et nous retournons à la terre »

Frédéric Bruly Bouabré fut engagé dans la marine pendant la seconde guerre mondiale.

Ensuite, il pratique plusieurs métiers avant de devenir fonctionnaire.

Son œuvre traduite dans une écriture africaine et sa vision lui donnent le sobriquet de « Cheik Nadro » (« le Révélateur » ou « celui qui n'oublie pas »).

C’est à l’exposition « Magiciens de la terre que l’œuvre de Frédéric Bruly Bouabré est exposée pour la première fois en Europe en 1989.

Le Mamco de Genève luia consacré en 2006 une exposition intitulée « Connaissances du Monde ».