Tunisie: 7 ans de prison pour deux policiers

Copyright de l’image BBC World Service
Image caption Des militantes ont manifesté devant le tribunal lundi contre les violences faites aux femmes

En Tunisie, les deux policiers accusés d'avoir violé une jeune femme en 2012 ont été condamné à 7 ans de prison.

Cette affaire judiciaire avait créé la polémique en Tunisie mais également à l'étranger.

La victime, connue sous le nom d'emprunt de Meriem Ben Mohamed dit avoir été attaquée par les officiers après qu'ils aient stoppé la voiture dans laquelle elle se trouvait avec son fiancé.

Les policiers ont nié ces accusations et affirment avoir surpris le couple en train d'avoir des relations sexuelles.

A l'époque, la justice du pays avait essayé de poursuivre le couple pour atteinte à la pudeur.

La tentative avait déclenché une vague de protestation en Tunisie ainsi qu'une campagne de soutien à l'étranger.

Des centaines de personnes s'étaient rassemblées devant le tribunal au cours des différentes audiences pour soutenir Meriem.

Les deux policiers ont été condamnés après avoir été accusés d'avoir violé la femme dans une voiture de police.

Un troisième officier a essayé d'extorquer de l'argent à son petit ami en le conduisant à un distributeur de billets.

Il s'est vu infligé une peine de deux ans de prison.

Les policiers n'ont jamais reconnu le viol, accusant plutôt Meriem d'avoir essayé de les séduire.

La jeune femme est sortie de la salle d'audience lundi en pleurant et déclarant "quand je réclame justice, ils m'insultent".

Une de ses avocates, maître Radhia Nasraoui s'est dit déçue du verdict et estime que la peine n'est pas dissuasive.

"Je crois que jamais la justice tunisienne n'a été aussi clémente avec des violeurs." a-t-elle déclaré à la BBC.

D'après le rapport d'expertise psychologique vu par l'AFP, Meriem souffre de "dépression" et également de stress post-traumatique" suite à l'attaque qu'elle a subi.

Une partie de la population tunisienne et particulièrement les femmes s'inquiètent de l'influence croissante d'islamistes ultra conservateurs depuis la chute du président Zine al-Abidine Ben Ali en 2011.

Après une campagne marquée par les tensions, la nouvelle constitution inclut une clause garantissant l'égalité des sexes dans les assemblées législatives.

Le texte oblige également l'Etat à protéger les femmes contre la violence.