Un témoin de la CPI en grève de la faim

Image caption Le milicien congolais Germain Katanga avait été reconnu coupable de crimes de guerre en mars 2014.

Un témoin de la Cour pénale internationale est en grève de la faim depuis cinq jours.

Incarcéré dans la prison de la Cour depuis plus de trois ans, Floribert Njabu avait témoigné dans le procès du milicien congolais, Germain Katanga, avant de demander l'asile politique aux Pays-Bas.

Mais depuis trois ans, la procédure n'a toujours pas abouti.

L'affaire est pour le moins kafkaïenne. En 2011, alors qu'il était incarcéré depuis plusieurs années dans la prison de Kinshasa, Floribert Njabu avait été appelé à témoigner devant la CPI.

Au cours de son témoignage, l'ancien président du Front nationaliste et intégrationniste, l'une des milices active au début des années 2000 dans l'est du Congo, avait accusé Kinshasa d'avoir alimenté la guerre.

Peu après sa déposition devant la Cour, il demandait l'asile politique aux Pays-Bas. Il était alors suivi par deux autres témoins.

Depuis trois ans, La Haye, Kinshasa et la Cour se renvoient donc la balle. Selon son avocat, Floribert Njabu se sentirait d'ailleurs comme « une balle de flipper ».

La CPI voudrait remettre les trois témoins aux autorités néerlandaises mais ses dernières refusent.

Elles craignent que cela n'incite d'autres témoins à demander l'asile. De son côté, Kinshasa demande le retour des trois hommes.

Mais la CPI ne peut les renvoyer alors que la procédure d'asile est en cours.

Et comme elle ne souhaite par ailleurs pas ternir ses relations avec la RDC, elle les maintient donc tous trois en détention.

Mais le temps passe, et la détention des trois congolais dont Floribert Njabu, en grève de la faim depuis maintenant six jours - devient, légalement, délicate pour la Cour.