Soudan/CPI: le Président Béchir se félicite

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O. Béchir fait l'objet de mandats d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et genocide.
Le Président s'est félicité de la décision de la CPI de suspendre des enquêtes sur les crimes de guerre commis dans la région du Darfour.
L’annonce a été faite par la procureure de la Cour Pénale Internationale Fatou Bensouda.
Inculpé pour crimes contre l’humanité et génocide en 2009, Omar El Béchir affirme que la CPI a echoué dans ce qu'il a qualifié de tentative pour humilier son pays.
La CPI poursuivait également le ministre de la défense, le ministre de l’Intérieur et le chef d’une milice.
Mais selon Richard Dicker de l'organisation Human Rights Watch, le Président soudanais n'a pas bien saisi le message :
"Plutôt que de se résigner à la défaite, je pense qu’elle a en fait lancé un défi au Conseil de sécurité, qu’il doit s’impliquer et l’aider dans l’arrestation et la reddition d’Omar El Béchir et des autres accusés, pour un procès juste à la Cour Pénale Internationale. "
De son coté, Mme Bensouda a averti qu'en l'absence d'une action du Conseil de sécurité, les charges contre Omar El Béchir et trois autres accusés demeureraient lettre morte.
La procureure a également évoqué les accusations de viol collectif que des soldats soudanais auraient commis sur 200 femmes et filles fin octobre dans un village du Darfour du Nord.
Ces accusations "devraient choquer le Conseil et provoquer une réaction", a-t-elle estimé.
Jusqu’à présent, personne n’a été arrêté et le Soudan est protégé par la Chine au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU.
Le pays est membre permanent du Conseil de Sécurité et a le droit de veto.
Depuis 2003, la région du Darfour est en proie à des violences lorsque des communautés non arabes ont pris les armes contre le gouvernement arabe de Khartoum, l'accusant de discrimination.
Selon les Nations Unies, le conflit a déjà tué près de 300 000 personnes et fait plus de 2 millions de déplacés.