Lesotho: une nouvelle majorité

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Image caption Le Premier ministre sortant Thomas Thabane qui a perdu de peu les élections législatives.

Au Lesotho, les résultats des élections législatives n’ont pas permis de désigner un vainqueur. Le premier ministre sortant Thomas Thabane a perdu de peu ces élections. C’est maintenant Pakalitha Masisili qui va reprendre le rênes du pouvoir. Il a déjà été à la tête du gouvernement pendant 15 ans par le passé. C’est en formant une coalition avec d’autres petits partis qu’il a pu obtenir une majorité de 61 sièges sur 120 au parlement.

Le congrès démocratique, le parti de Pakalitha Mosisili, a déjà dirigé le pays pendant 15 ans. Le voilà de retour à la tête des autorités du petit royaume montagneux et cela après avoir formé une coalition avec plusieurs petits partis, notamment celui de Mothetjoa Metsing qui va garder son siège de vice premier ministre. Son parti a obtenu 12 sièges de députés au parlement. Cette coalition a réussi à obtenir 61 sièges sur 120, la majorité nécessaire pour former un gouvernement.

Thomas Thabane, le premier ministre sortant, se retrouve dans l’opposition. Il a perdu de très près puisqu’il a eu 46 sièges et Mosisili 47. Mais un nouveau gouvernement de coalition risque de poser de nombreux problèmes, selon Peshoane Tsikoane, analyste politique au centre de ressources pour la transformation.

"Le défi que nous avons, c’est qu’il faut beaucoup de maturité politique et de tolérance de la part de ceux qui ont réussi à former une coalition. Parce qu’en fait ils vont avoir besoin les uns des autres pour pouvoir prendre des décisions au parlement. Pour qu’une loi soit adoptée ou amendée, il va falloir 80% des voix de l’assemblée nationale. Donc il semble que ça va être difficile d’obtenir ces chiffres. Ils doivent donc gagner en maturité et convaincre l’opposition qu’il faudrait certaines réformes constitutionnelles."

Or, les observateurs de l’union africaine ou de l’organisation régionale, la SADC, ont tous demande à ce que des réformes institutionnelles soient menées pour mieux définir le rôle de l’opposition, de la police et de l’armée. En août dernier, l’instabilité politique avait menée à une tentative de coup d’état militaire.

Les élections ont bien été déclarées libres, équitables et transparentes. Mais beaucoup sont sceptiques en voyant qu’une nouvelle coalition va prendre le pouvoir. Le gouvernement doit être formé dans les 14 jours à venir. D’ici là, le médiateur de la SADC, le vice-président sud-africain, Cyril Ramaphosa, va continuer de suivre de près la formation du nouveau gouvernement. La stabilité du Lesotho est clé pour l’Afrique du Sud, puisque toute l’eau de Johannesburg et de Pretoria, poumon économique du continent, provient du petit royaume montagneux enclavé.