Garissa: les meurtriers sont-ils kényans?

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Le meurtre de 148 personnes dans l'université de Garissa, dans le nord-est du Kenya, par les islamistes de al-Shabab, est l'attaque la plus sanglante jamais perpétrée sur le sol kényan depuis l'attentat contre l'ambassade américaine de Nairobi en 1998.

Les Shebab, qui existent depuis une décennie environ, étaient à l'origine des Somaliens.

L'organisation s'est depuis transformée en force régionale et tout laisse à penser que les auteurs du massacre de Garissa sont kényans et pas somaliens.

Les meurtiers parlaient swahili

Les étudiants qui ont survécu au massacre affirment en effet que les quatre hommes qui les ont attaqués parlaient swahili, une langue utilisée au Kenya et pas en Somalie.

Ils appelaient parfois leurs supérieurs pour leur demander des conseils et leur parlaient en Swahili, affirment ces mêmes survivants.

Cela suggère que le massacre de Garissa pourrait avoir été perpétré par des recrues locales et pas des militants venus de Somalie.

Les Kényans sont chaque jour plus nombreux à rejoindre les rangs des militants islamistes.

Pauvreté et marginalisation

Les communautés musulmanes défavorisées - souvent victimes des violences des forces de sécurité kényanes - représentent un terreau fertile pour al-Shabab.

Des réfugiés de l'immense camp de Dadaab, qui n'est qu'à environ 100 km de Garissa, ont également rejoint l'organisation.

Ce camp est habité par 500 000 personnes aux origines somaliennes, dont une large majorité d'hommes jeunes aux conditions de vie très difficiles.

Selon les autorités, le cerveau des attaques de Garissa est d'ailleurs un homme originaire de la ville.

Il s'agirait de Mohamed Kuno, un islamiste ayant enseigné le Coran à Garissa avant de rejoindre les Shebab en Somalie.