Le Burundi récuse la force de l’UA

Bujumbura considère toute force de l’UA dans son territoire comme "une force d'invasion et d'occupation", a déclaré à l’AFP le porte-parole adjoint de la présidence burundaise, Jean-Claude Karerwa.

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Image caption Pierre Nkurunziza, le président du Burundi.

L’Union africaine a décidé vendredi de créer et d’envoyer au Burundi une force militaire de 5.000 hommes.

La mission de l’UA sera chargée d'éviter "la détérioration de la situation sécuritaire" dans ce pays, de contribuer "à la protection des populations civiles en danger" et d'aider à créer les "conditions nécessaires" à la réussite d'un dialogue inter-burundais.

"Si les troupes de l'UA venaient sans l'aval du gouvernement, il s'agirait alors d'une force d'invasion et d'occupation", a averti Jean-Claude Karerwa.

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA, qui a autorisé l’envoi de cette force, a donné quatre jours à Bujumbura pour accepter son déploiement.

Les deux chambres du Parlement burundais ont prévu de tenir une réunion extraordinaire, ce lundi, pour débattre de l'envoi de la mission de l'Union africaine.

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Image caption Nkosazana Dlamini-Zuma, la présidente de la Commission de l'UA.

La décision de l’UA doit être soumise à l'accord des autorités burundaises, selon un diplomate.

Sans le consentement du gouvernement du Burundi, cette force devra être approuvée par les deux-tiers des chefs d'Etat africains.

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature fin avril du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

Sa candidature est jugée par ses adversaires contraire à la Constitution et à l'Accord d'Arusha ayant permis la fin de la guerre civile (1993-2006) au Burundi.

M. Nkurunziza s’est fait réélire lors d'un scrutin controversé, en juillet.

Les violences armées s’intensifient dans le pays depuis fin avril.