Maurice : les sacs en plastique interdits

En cette nouvelle année, les mauriciens devront prendre une nouvelle habitude car à partir du 1er janvier, les sacs en plastiques ménagers sont interdits.

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Image caption Raj Dayal, ministre mauricien de l'Environnement et du Développement Durable

L’impact de cette décision se fait sentir à plusieurs niveaux.

Le gouvernement met en relief la protection de l’environnement.

Le ministre de l’environnement et du développement durable souligne que 300 millions de sacs en plastique sont jetés annuellement.

"Les sacs en plastique à base de pétrole prennent quatre siècles pour se dégrader et doivent être remplacés par des sacs biodégradables", explique Raj Dayal qui ajoute que les sacs à base de produits pétroliers étouffent aussi les poissons et autres créatures dans les lagons, "enlaidissent notre environnement et finiront par créer une situation invivable pour les Mauriciens.

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Le gouvernement préconise "la production locale des sacs biodégradables à partir de l’amidon de pomme de terre".

Le ministre ajoute qu’il y aura plusieurs autres solutions alternatives, tels que les sacs en feuilles de vacoa et les sacs fabriqués à partir des sous produits des cocotiers une façon de "créer des emplois et une économie verte".

Même si la population dans son ensemble semble apprécier cette démarche, les manufacturiers tirent la sonnette d’alarme.

Une quinzaine d’usines, la plupart des petites et moyennes entreprises, sont concernées.

Ces entreprises avaient un chiffre d’affaires de cent millions de roupies soit près de trois millions de dollars annuellement.

Elles ont protesté mais le gouvernement a obtenu gain de cause en justice.

Selon Ken Lim Sam, le président de l’association des manufacturiers, certains fabricants de sacs en plastique doivent mettre la clé sous le paillasson car ils n’ont pas les équipements nécessaires pour fabriquer d’autres types de sacs.

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"Nous voulons seulement un moratoire. Même en France la date pour l’entrée en vigeur de cette interdiction a été repoussée", précise-t-il.

Les sacs frappés d’exemption, hormis ceux de nature biodégradable et compostable, sont au nombre de neuf.

Le ministère de l’Environnement et du développement durable veut s’assurer que la mise en œuvre de la réglementation donne les résultats escomptés.

Les contrevenants risquent une amende de plus de $300.

Yasine Mohabuth

BBC Afrique, Port Louis