Tunisie : démission en masse des députés

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Image caption Le président tunisien Béji Caïd Essebsi

Ces actes pourraient permettre au parti islamiste Ennahda de devenir la principale formation politique représentée au parlement.

Ces démissions ont creusé davantage le fossé qui existait déjà entre les deux ailes de Nidaa Tounès, quelques jours seulement après que son secrétaire général, Mohsen Marzouk annonce qu'il quittait le parti pour fonder son propre mouvement politique.

Cette réaction a notamment été motivée par les accusations qui pèsent sur le fils Béji Caïd Essebsi, soupçonné de vouloir contrôler le parti.

La fissure au sein de Nidaa Tounès, parti formé après les révoltes tunisiennes de 2011 contre Ben Ali, arrive à un moment délicat. En effet, la Tunisie se bat en ce moment même pour contenir la violence djihadiste et relancer la croissance économique.

"Le fils du président et son groupe ont pris contrôle du parti, nous n'accepterons pas d'être un troupeau de moutons", a dénoncé Walid Jalled, un des parlementaires.

Après les démissions de cette semaine, Nidaa Tounès aura 70 parlementaires parmi les 217 membres du Congrès tandis que le parti islamiste Ennahda possède 69 sièges.

Si les députés de Nidaa Tounès continuent de démissionner, les islamistes d’Ennahda pourraient avoir la majorité au parlement.

Ces départs, dit-on, vont aussi compliquer les tentatives de réformes du gouvernement.

En effet, les prêteurs internationaux de la Tunisie attendent ces changements et demandent que le pays limite ses dépenses publiques pour relancer l'économie.

Le tourisme, importante source de revenus du pays, a été particulièrement touché par les 3 dernières attaques terroristes qui ont frappé la Tunisie.