Burundi : "345 cas de torture recensés"

Au moins 345 cas de torture et mauvais traitements ont été enregistrés cette année au Burundi par l'ONU, qui déplore lundi le recours "généralisé" à ces pratiques par les forces de sécurité gouvernementales agissant en "totale impunité".

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"En plus des rapports sur la torture et les mauvais traitements dans les lieux de détention officiels, je suis profondément préoccupé par des informations sur l'existence de lieux de détention secrets à travers le pays", a affirmé le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, dans un communiqué.

Depuis janvier, l'ONU a enregistré au moins 345 nouveaux cas de torture et mauvais traitements, soit près de 600 sur les 12 derniers mois.

"Ce chiffre, sous-estimé, indique clairement le recours généralisé et grandissant à la torture et aux mauvais traitements par les forces de sécurité gouvernementales", a déclaré M. Al Hussein.

D'après le Haut-Commissaire, ces tortures ont lieu pendant l'arrestation et la détention, notamment dans les locaux du Service national de renseignements (SNR), de la police et, dans une moindre mesure, de l'armée.

"Les auteurs de ces tortures et mauvais traitements ont, jusqu'à présent, bénéficié d'une impunité totale", s'alarme par ailleurs le haut responsable onusien.

Lors d'une visite par une équipe du Haut-Commissariat dans les locaux du SNR à Bujumbura, la semaine passée, 30 des 67 personnes détenues présentaient des signes de torture physique.

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Plusieurs cas de mauvais traitements et de torture ont aussi été rapportés dans des postes de police, en particulier ceux situés dans les quartiers de Citiboke et Musaga, à Bujumbura, et dans le camp militaire de Mutakura, selon l'ONU.

Le Haut-Commissaire a noté que l'utilisation de la torture et des mauvais traitements était également répandue en dehors de la capitale.

Il dit par ailleurs avoir reçu des "informations persistantes" sur des arrestations, tortures, disparitions forcées et assassinats de certains membres de la police et de l'armée par d'autres membres des forces gouvernementales. Les membres et officiers des anciennes Forces Armées Burundaises, aussi connues sous le nom d'ex-FAB et à prédominance tutsie, "semblent être particulièrement pris pour cible", selon M. Zeid.

Le Burundi est plongé depuis près d'un an dans une crise politique profonde, née de la volonté du président Pierre Nkurunziza de se maintenir au pouvoir pour un troisième mandat, qu'il a obtenu en juillet dernier.