Nollywood et ses difficultés financières

Au Nigéria, trouver des fonds pour financer les films s'avère souvent être une véritable épreuve pour les réalisateurs. Le gouvernement a pourtant promis d'aider Nollywood, l'industrie nationale du cinéma qui espère beaucoup de ce coup de pouce des autorités.

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Image caption Une équipe de tournage à Abuja

Ces difficultés de financement sont loin de décourager les professionnels du secteur, les réalisateurs se tournent davantage vers des partenariats pour arriver à boucler leur budget.

Trois heures déjà que B. T. Thomas et son équipe ont pris place dans le salon d'une villa cossue de Sun City Estate, un quartier chic d'Abuja pour tourner quelques scènes de son nouveau film.

Et à peine trois scènes en boîte.

Camera placée sur un rail de travelling, lampes géantes, ambiance professionnelle, c'est indispensable, la qualité du film en dépend pour espérer une bonne commercialisation du produit.

Entre une demi-douzaine de techniciens et deux actrices, le réalisateur doit tout contrôler et ne rien laisser au hasard.

La moindre inattention peut conduire à plusieurs reprises de la même scène.

Ce qui signifie plus de temps et aussi plus d'argent à décaisser.

La résidence a été louée pour la journée et il en est de même pour l'équipe technique.

Très peu de réalisateurs ont leurs propres matériels de tournage et leurs studios de post-production.

Difficultés financières

Impossible pour le réalisateur quarantenaire de ne pas faire attention à chaque Naira dépensé car faute de financement, il a dû se tourner vers des partenaires dont deux jouent dans le film.

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Image caption Les deux actrices principales sur le plateau de tournage

"Nous sommes dans un secteur où trouver des fonds n'est pas facile. J'ai eu trois partenaires pour ce film. En plus de ma société de production, il y a Oméga one, la société de Brenda Elung et Kenneth Okonko production. Nous devons investir nos propres fonds. Nous avons appris qu'il y a de l'argent pour soutenir Nollywood. J'ai appris de source fiable qu'il y avait de l'argent, et le ministre de l'information a également dit que le gouvernement est prêt à faire des partenariats avec l'industrie pour l'amener à un niveau encore plus élevé. J’espère que ce ne sont pas seulement des paroles. Et nous espérons que demain serait mieux parce que si vous regardez bien vous verriez que ces dernières années, Nollywood n'a pas été au niveau où il devrait être", explique M. Thomas.

Pour essayer d'amortir leur investissement, les réalisateurs réfléchissent par deux fois aux thèmes à aborder.

Le scénario de ce film porte sur l'éducation de la jeune fille.

Grâce à cette problématique le réalisateur qui mise sur un marché large a également réussi à séduire les Nations-unies.

"Je fais ce film pour le monde entier, parce que l'éducation de la jeune fille ne concerne pas seulement le Nigéria. Ce problème se pose en Inde où la jeune fille est souvent empêchée d'aller à l'école en raison des pesanteurs culturelles. Nous nous réjouissons d'avoir le soutien des Nations Unies qui étaient très enthousiastes quand elles ont été au courant de notre projet. Elles ont promis de nous rembourser si le film est bien fait", a indiqué B .T. Thomas.

M. Thomas et ses collègues réalisateurs de même que les producteurs et acteurs dont la plupart sont basés dans la capitale économique Lagos ne veulent plus miser sur la providence.

L'aide promise par le gouvernement à Nollywood est donc très attendue.

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Image caption Un marché au Nigéria

Malgré tout le cinéma nigérian a la cote sur le continent, Brenda Elung actrice et productrice Camerounaise

"C'est une grande opportunité, c'est important pour mon CV, j'enrichis mon expérience en travaillant avec les acteurs d'un autre pays que le mien. Le Nigéria était dans le secteur avant nous, donc c'est sans doute un plus. Ils ont plus d'expérience que nous », témoigne Brenda qui joue le rôle de la mère de Doshima opposée au rêve de sa fille qui est celui d'être enseignante car elle a de meilleures ambitions pour elle.

Le leadership en Afrique devrait être maintenu, le cinéma continue d'attirer de plus en plus de jeunes nigérians.

L'association des acteurs d'Abuja compte près de 2000 acteurs et une quarantaine de producteurs