Ethiopie: un opposant inculpé de terrorisme

Image caption Un manifestant Onomo brandissant une photo de Tesfaye

L'ex porte-parole du parti d'opposition éthiopien Semayawi, a été inculpé mercredi pour "incitation à la violence" et terrorisme.

Le parquet a accusé Yonatan Tesfaye d'avoir cherché "à nuire à la stabilité sociale, économique et politique du pays".

La Cour fédérale d'Addis Abeba l'accuse également de collusion avec le Front de Libération Oromo (OLF), un groupe armé rebelle.

Dans l'un des messages Facebook cités par la Cour, le jeune homme aurait accusé la coalition au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF), "d'user de la force contre le peuple, plutôt que de privilégier le dialogue pacifique avec le public".

Il faisait allusion à la répression des manifestations qui secouent la région Oromia, fief des Oromo, l'ethnie majoritaire du pays, depuis novembre 2015.

Ces écrits sont considérés par les juges comme un appel au soulèvement contre le gouvernement et passibles d'une peine pouvant aller jusqu'à 15 ans de prison, en vertu de la loi antiterroriste.

Yonatan Tesfaye, lui-même issue de l'ethnie oromo, était jusqu'à récemment le porte-parole du parti d'opposition Semayawi et membre d'une jeune génération d'activistes qui contestent le régime qui dirige l'Ethiopie depuis 25 ans. Il a été arrêté et envoyé en prison depuis le 28 décembre 2015

Image caption Des Oromos lors d'une manifestation en Ethiopie

Plusieurs personnalités de l'opposition, dont le vice-président du Congrès national oromo, Bekele Gerba, ont également été inculpées ces dernières semaines, en vertu de la même loi antiterroriste, utilisée, selon les défenseurs des droits de l'Homme, pour faire taire les critiques.