"149 morts en prison à Maiduguri"

149 personnes dont 12 enfants, presque tous de moins de cinq ans, sont décédées depuis le début de l'année dans une prison de Maiduguri, dans le nord du Nigeria.

Amnesty International dénonce les conditions de détention dans la prison militaire de Giwa, où sont incarcérés plus de 1000 civils soupçonnés d'appartenir à Boko Haram.

L'organisation a demandé mercredi aux autorités nigérianes de fermer ce centre de détention réservé aux membres présumés du groupe islamiste.

Le groupe de défense des droits de l'homme a déjà dénoncé, par le passé, le traitement "inhumain" réservé aux détenus des casernes de Giwa, à Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria.

Dans un nouveau rapport publié mercredi, Amnesty dénonce la mort d'au moins 149 personnes dans ce centre de détention.

"La découverte de la mort de bébés et de jeunes enfants dans des conditions atroces, alors qu'ils se trouvaient dans un centre de détention militaire, est à la fois poignant et horrifiant", a déclaré Netsanet Belay, le directeur Afrique d'Amnesty.

"Nous avons déjà dénoncé à plusieurs reprises le taux de mortalité alarmant parmi les détenus des casernes de Giwa. Ces nouvelles révélations démontrent que cet endroit est associé à la mort, autant pour les adultes que pour les enfants", a-t-il poursuivi.

Surpopulation carcérale, maladies

Selon le nouveau rapport d'Amnesty, intitulé "Ce que vous allez voir va vous faire pleurer : Vie et mort dans les casernes de Giwa", d'anciens détenus et des témoins rapportent que des détenus sont morts de faim, de maladie, de déshydratation ou des suites de blessures.

Quelque 1 200 personnes, dont 120 enfants, étaient détenus dans ce centre en mars.

Les conditions de détention, dans ce centre surpeuplé, ont empiré, malgré les critiques formulées par le passé, dénonce le rapport, à cause notamment de l'insurrection armée en cours conte Boko Haram, qui a entraîné des arrestations de masse.

Le président nigérian Muhammadu Buhari a promis de se pencher sur ces accusations et il a assuré que son gouvernement "ne tolèrerait pas l'impunité et les violations des droits de l'homme".

Mais selon Amnesty, "aucune mesure n'a été prise pour l'instant afin de mettre en place des enquêtes indépendantes, impartiales et efficaces ou de lancer des poursuites pour les crimes commis".