Ethiopie: menace d'une "guerre totale"

Les Etats-Unis ont fait part de "sérieuses inquiétudes" concernant la situation entre l'Ethiopie et son voisin érythréen, qui se sont livrés à de violents combats à leur frontière ce week-end.

"Nous appelons les deux parties à la retenue et à amorcer un dialogue politique", a lancé John Kirby, le porte-parole de la diplomatie américaine.

Image caption L'armée éthiopienne

L'Ethiopie a en effet de nouveau menacé l'Erythrée 72 heures après les récents affrontements entre les deux armées ce week-end.

Le porte-parole du gouvernement éthiopien, Getachew Reda, a prévenu Asmara que, de son "attitude", dépendrait le déclenchement ou non d'une "guerre totale".

Une guerre en l'état actuel des choses tournerait facilement en faveur de l'Ethiopie, explique Roland Marchal, spécialiste de la Corne de l'Afrique.

Image caption Camp militaire à la frontière

L'Ethiopie et l'Erythrée s’accusent mutuellement d’avoir provoqué ces affrontements à la frontière.

Le Ministre de l'Information éthiopien Getachew Reda a décrit les combats dans la zone de Tsorona comme "une initiative érythréenne".

Plus tôt, le gouvernement érythréen avait déclaré que l'Ethiopie avait "déclenché" l'attaque.

"Ni guerre ni paix" depuis 16 ans

Un accord de paix avait mis fin en 2000 à deux ans de guerre frontalière entre les deux pays, mais il n'avait pas été pleinement mis en œuvre.

Depuis, les deux pays s'étaient tenus dans un état de "ni guerre ni paix", explique le correspondant de la BBC en Ethiopie.

D’après lui, ces derniers mois les deux parties avaient fait monter la rhétorique verbale.

Le Président érythréen Isaias Afwerki avait accusé l'Ethiopie d'être hostile à la souveraineté de l'Érythrée lors des célébrations marquant les 25 ans de l'indépendance du pays.

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Image caption Le président érythréen Isaias Afwerki

Plus tôt cette année, le Premier ministre Hailemariam Desalegn d'Ethiopie avait déclaré que le pays était prêt à prendre "une action militaire proportionnée contre l'Erythrée" pour ce qu'il décrivait comme des "actes continus de provocation et de déstabilisation de l'Ethiopie".

Le conflit 1998-2000, sur l'emplacement exact de la frontière, a conduit à la mort d'environ 80.000 personnes.