Naturalisation : la mésaventure du footballeur Steve Elana en Guinée

Steve Elana lors d'un match de Brest contre Valenciennes en août 2010. Copyright de l’image Getty Images
Image caption Steve Elana lors d'un match de Brest contre Valenciennes en août 2010.

La semaine dernière, l'ancien gardien du Stade Brestois et de Lille (France) a été convoqué, à la surprise générale, par la Fédération guinéenne de football (FGF), pour le dernier match des éliminatoires de la CAN 2019.

Mais le gardien de 39 ans n'a pas pu jouer la rencontre du Syli national avec la Centrafrique. Arrivé en Guinée, Elana n'a pas pu donner à la police du pays la preuve de ses origines guinéennes.

Il est reparti en France sans passeport guinéen, selon notre correspondant en Guinée, Cellou Tata Diallo.

"L'histoire de Steve a surpris plus d'un à Conakry [la capitale de la Guinée]. On se demandait quels liens il avait avec la Guinée. (…) On se demandait pourquoi un gardien de 39 ans, qui n'est plus à sa belle époque dans le championnat de France, est convoqué en équipe nationale", explique Diallo.

Il rappelle que la question des naturalisations des footballeurs a défrayé la chronique en Guinée durant ces derniers mois.

"Une forte envie de renforcer l'équipe nationale"

Cellou Tata Diallo rapporte que le joueur, titulaire de la nationalité française, n'a pas été en mesure de dire "quels étaient ses liens avec la Guinée". Il a seulement dit avoir eu une grand-mère guinéenne ou d'origine guinéenne, sans pouvoir le prouver en vue de l'obtention d'un passeport guinéen.

"Elana ne savait pas de quelle partie de la Guinée venait sa grand-mère", poursuit Diallo, faisant remarquer que la naturalisation du gardien de but a tourné au fiasco. Et il est ainsi retourné en France.

Comment la FGF a pu en arriver à la convocation d'un joueur dont la nationalité guinéenne - ou les origines guinéennes - n'a pu être établie ou justifiée ?

Il y a, chez le comité exécutif de la Fédération guinéenne de football, une forte envie de renforcer l'équipe nationale, explique Diallo, rappelant que durant ces derniers mois, "il y a eu en Guinée beaucoup de cas" similaires à celui de Steve Elana.