Fin de la campagne présidentielle en Mauritanie

Des envoyés spéciaux de BBC Afrique en Mauritanie, Suy Kahofi (texte) et Alassane Dia (photos et vidéos)

Un exemplaire du bulletin de vote unique en photos.
Image caption Un exemplaire du bulletin de vote unique en photos.

Les Mauritaniens vont élire leur prochain président de la république le samedi 22 juin.

Les derniers meetings ont été l'occasion pour les six candidats de démontrer leur capacité de mobilisation.

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Les meetings de l'opposition ont été l'occasion pour les candidats de mettre en lumière les preuves de l'échec du régime du président Mohamed Abdel Aziz et les années de gestion du pouvoir par les militaires.

Les opposants disent relayer la colère des populations qui se plaignent, selon eux, de manquer de tout. Les besoins des Mauritaniens sont importants, ont précisé les candidats Kane Hamidou Baba, Biram Dah Abeid et Sidi Ould Boubacar, lors de leurs meetings.

Education, accès aux soins de santé et à l'eau potable, désenclavement de certaines localités sont autant de défis auxquels les candidats de l'opposition veulent apporter des solutions, à travers des programmes qui appellent au changement.

Pour le général Gazhouani, dauphin du président sortant, qui s'est offert un show à l'américaine avec un avion distribuant ses tracts, son discours a été essentiellement basé sur la sécurité, l'unité nationale et le développement économique inclusif de la Mauritanie.

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En Mauritanie, les jeunes veulent l’égalité des chances

Méfiance envers la CENI

Les partis politiques de l'opposition ont accepté de participer à l'élection présidentielle du 22 juin en Mauritanie, mais ils disent être convaincus que l'objectif du pouvoir est d'opérer un hold-up électoral.

Les cinq candidats de l'opposition n'ont pas confiance en la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qu'ils estiment être à la solde du régime.

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Dans une interview accordée à BBC Afrique, l'opposant Sidi Ould Boubacar, soutenu par le parti islamiste Tewassoul, a exprimé son inquiétude quant à la neutralité de l'organe chargé de l'organisation des élections.

"La composition de la CENI est illégale parce qu'elle est déséquilibrée, et l'écrasante majorité des membres sont des soutiens du parti au pouvoir", a-t-il soutenu.

"Le refus du pouvoir d'inviter des observateurs internationaux, y compris l'Union européenne, dénote également un manque de transparence, une volonté de fraude", ajoute Sidi Ould Boubacar.

Pour l'opposant Kane Hamidou Baba, en dépit de ces signes apparents d'un manque de transparence, l'opposition prendra part aux élections.

Il dit être convaincu que "les Mauritaniens n'accepteront pas le verdict d'une élection entachée de fraudes".

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L'ambiance des meetings nocturnes en Mauritanie

Sidi Ould Boubacar va plus loin en affirmant que l'unique schéma possible est une victoire d'un candidat de l'opposition au premier tour et, à défaut, d'un second tour avec deux candidats de l'opposition.

La CENI, par la voix de son vice-président, Ethmane Ould Bidiel, a tenu à rassurer les Mauritaniens sur la volonté de la commission de rester indépendante malgré les critiques.

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La Commission électorale nationale indépendante a déjà organisé les élections municipales et régionales, et le verdict des urnes a été accepté de tous.

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Il s'étonne que cette même CENI soit l'objet de critiques et d'accusations lors de la présidentielle en raison de l'enjeu du scrutin.

"La CENI fera tout pour relever le défi de l'organisation du scrutin de samedi", soutient M. Ethmane, qui a invité les électeurs à se rendre aux urnes pour choisir "celui qui sera le président de tous les Mauritaniens".