Bocundji Ca : "Prendre exemple sur la Côte d'Ivoire"

Bocundji Ca a disputé 96 matches en Ligue 1 avec Nantes, Nancy et Reims. Copyright de l’image Getty Images
Image caption Bocundji Ca a disputé 96 matches en Ligue 1 avec Nantes, Nancy et Reims.

115e au dernier classement FIFA, la Guinée-Bissau a obtenu son ticket pour la CAN 2017 à l’occasion de la 5e journée des éliminatoires. Au sein de la sélection, Bocundji Ca (29 ans) figure de joueur le plus expérimenté. Le natif de Biombo, lancé chez les professionnels au FC Nantes, revient sur l’aventure de cette qualification des Djurtus.

  • Quel est votre sentiment après avoir emmené la Guinée-Bissau vers sa première qualification pour une CAN ?

Ça fait vraiment plaisir ! On a fait un grand travail pour en arriver là. Depuis que la compétition existe, on ne sait jamais qualifiés. C’est une première historique et ça me touche beaucoup. C’est un plaisir d’être dans ce groupe-là. C’est un truc que l’on ne va jamais oublier.

  • En revenant sur votre parcours dans les éliminatoires, vous n’aviez qu’un point après deux journées. Honnêtement à l’époque, est-ce que vous aviez imaginé une éventuelle qualification ?

Oui, clairement. On savait que ce ne serait pas facile parce qu’on était dans un groupe compliqué. La Zambie, le Congo ou le Kenya, ce sont des nations qui ont plus l’habitude de participer à la Coupe d’Afrique que nous. Quand on a commencé, on a fait un nul contre la Zambie. Après, on a perdu 4-2 contre le Congo. Là, on savait que ce serait dur mais que dans le football tout est possible. On a cru en nous, on a tout donné, on a travaillé, on a fait tout ce qu’il fallait. Le changement d’entraineur a aussi aidé à changer l’état d’esprit pour qu’on gagne les trois matches suivants.

  • Vous avez aussi eu un rôle particulier à jouer car vous êtes le capitaine et vous êtes professionnel en France depuis plusieurs saisons alors qu’il n’y a actuellement aucun championnat dans votre pays.

Oui c’est vrai. D’ailleurs, à l’époque où j’ai commencé à porter le maillot de la sélection, en 2009-2010, personne ne voulait venir. J’étais en Ligue 1, mais il n’y avait que moi qui souhaitais venir. J’ai décidé de porter ce maillot mais ce n’était pas facile. On a commencé à partir de rien. Et aujourd’hui, je peux dire que je suis celui qui a le plus d’expérience, le plus de matches professionnels et j’ai essayé d’attirer d’autres joueurs dans cette sélection.

  • Vous pensez que cette première participation à la CAN va vous donner encore plus d’appétit?

C’est normal. Quand on est joueur de foot, on a envie d’évoluer toujours au plus haut niveau. Là, on est qualifiés pour la CAN. On va retourner avec nos clubs, on va travailler. Il y a encore du temps pour se préparer. Il faudra aussi penser au championnat local car pour le moment ce ne sont que des expatriés qui sont venus. On a aussi un gardien au Benfica. En tout cas, ça nous fait tous plaisir de jouer pour notre pays.

  • Vous êtes encore à Bissau. Comment a été perçue cette qualification historique alors que la situation politique est instable dans le pays ?

Ah, tout le monde est sorti dans la rue ! Même le lendemain de la qualification, les gens fêtent encore ça. Tout le monde, même le président ! Les gens ont oublié la politique et les problèmes qu’il y a en Guinée. Tout le monde parle de football. Je l’ai toujours dit : le football peut arrêter tous ce genre de problèmes. Il faut prendre l’exemple de la Côte d’Ivoire à une certaine période. Quand ils ont participé à la Coupe du Monde, les problèmes sont passés au second plan.

  • Sur un plan personnel, vous évoluiez au Paris FC, relégué en National (3e division française). De quoi sera fait votre avenir la saison prochaine ?

Pour l’instant, mon agent travaille. J’ai des contacts mais je le laisse faire. Je suis libre de tout contrat. Je profite de mes vacances et je verrai à mon retour en France.